Une plaisante surprise à tout de même relativiser.

Avis sur Nicky Larson et le Parfum de Cupidon

Avatar JéJé fait son Bagou
Critique publiée par le

Monsieur Larson est-ce vrai ? Vous pouvez tirer plusieurs fois au même
endroit ?

Petit rappel.

Nicky Larson est un anime culte de 140 épisodes paru pour la première fois dans le club Dorothée en 1990. Tiré du célèbre manga Shonen City Hunter de Tsukasa Hojo, il narre l'histoire du garde du corps Ryo Saeba (Nicky Larson) et de son associé Kaori (Laura). Ryo est un tireur hors pair connu dans le monde entier, mais aussi un indécrottable pervers (que Mlle Shiappa détesterait au plus haut point) allant jusqu'à avoir pour principe de ne jamais accepter de clients masculin. Kaori est là pour rétablir l'ordre en piégeant ce cher Ryo l'empêchant de nuire aux clientes. Leurs récits se focalisent sur des missions de protections différentes ou l'humour et l'action s'entremêlent.

Revenons au film.

Comme beaucoup de monde, j'appartiens à la génération Club Dorothée (présenté par Ariane, Jacky, Patrick, Corbier et Dorothée) et suis donc bien entendu un grand fan (très) nostalgique de toutes les séries animées qui ont pu en découler (Les Chevaliers du zodiaque, Fly, Ranma1/2, le Collège fou fou fou, Ken le survivant, Sailor Moon, Dragon Ball...). En soi le Club Dorothée est responsable de mon initiation à la passion manga que j'ai par la suite beaucoup plus élargie à travers divers support et média.

*De ce fait je suis très sensible lorsqu'on parle du sujet. C'est pourquoi l'année dernière lorsqu'une interview annonçant qu'un réalisateur Français passionné du sujet voulait adapter Nicky Larson, immédiatement ma curiosité et ma joie furent à leurs combles, mêlés d'un sentiment d'inquiétude (pas parce qu il s'agissait d'une adaptation Française, je trouve même cette réflexion complètement infondée car les Ricains et même les Asiatiques ne font pas mieux en matière d'adaptation japonaise sur grand écran) car c'est souvent compliqué d'adapter ce genre d'oeuvre et d'en faire un film s'en lui extraire toute son essence.
Malgré tout, finit par sortir une première bande-annonce qui s'en me rendre joyeux me rassura sur le projet (soi-disant passant je suis bien ravi de ne pas avoir fait partie de la bande de ""G%G//PLF*VK$OP)FLM%!"" ayant détruit et condamné le long métrage avant de l'avoir vu.
Maintenant que j'ai enfin pu voir le film et bien j'en ressors satisfait même si...*

Tout d'abord respect à Philippe Lacheau pour avoir eu le cran et le courage de s'aventurer dans une entreprise si risquée et délicate. Surtout que le premier constat est clair, le comédien-cinéaste ne racontait visiblement aucune salade quand il disait être un grand fan de Nicky Larson tant la résultante est une corrélation assez fidèle à la série animée.

L'histoire s'en être incroyable colle parfaitement à l'esprit de cet univers et puis le choix du parfum de Cupidon permet d'envoyer Nicky vers d'autres sentiers battus qui rendent le tout suffisamment original pour que Tsukasa Hojo lui-même en vienne à dire que cela aurait très bien pu faire partie d'un épisode de City Hunter (la classe quand même).

Le récit est gavé de multiples références du manga comme avec la balle du révolver de Nicky où il est gravé derrière ''City Hunter''; mais aussi : l'éraflure d'une balle sur la joue laissant une égratignure de sang, le corbeau noir passant en fond d'écran, la massu avec les traits de dessins d'une case de manga pour suggérer la puissance de frappe, les bruitages...
Et ce n'est pas tout, on retrouve d'autres clins d'oeil empruntés à divers mangas comme avec l'entrepôt C-17 (Dragon Ball Z), ou bien dans le bar où il commande un demi à la serveuse Ranma (Ranma1/2) et bien d'autres qui amènent une bonne tranche de sympathie et de nostalgie au visionnage. Un véritable plaisir pour tout fan de manga. Je pense qu'avec plusieurs autres visionnages on en découvrirait des nouveaux. Attention à ne surtout pas oublier ''Hélène je m'appelle Hélène''.

Le ton est bien donné, l'humour est assez débile et surtout olé olé, avec en rapport énormément de référence au sexe élément logique de cette licence. Les dialogues sont aux petits oignons pour les connaisseurs du genre. L'humour est là, et même bien trop là. Si dans un épisode de Nicky Larson il fallait à peu après compter 70% d'humour gras pour 30% d'action, le tout fonctionnait très bien car les parties dites sérieuses étaient assez noires, avec de bons gros duels aux guns où l'humour n'était plus permis pour avoir un équilibre parfait rendant le tout parfaitement équilibré. C'est justement sur ce point que le bât blesse.

Je tiens à rassurer les phases d'actions dans Le Parfum de Cupidon sont dans l'ensemble bon mais elles sont toujours servies avec un fonds d'humour ce qui brise cet équilibre. Cela ne gâche pas l'expérience mais on retiens surtout que c'est un film de comédie. Après faut être honnête, autant certains gags sont hilarants, autant d'autres sont complètement à la ramasse, surtout ceux venant des potes à Fifi. On réussit néanmoins à avoir quelques moments dramatiques authentiques.

La réalisation est assez bien élaborée, certes le filtre de couleur est dégueulasse et les divers plans et autres cadrages n'ont vraiment rien de spectaculaire, malgré tout cela reste un minimum compétent. Lacheau parvient à extraire Nicky de Shinjuku pour le balader dans la France et surtout dans Monaco d'où il se mêle plutôt bien avec les éléments. Les différents costumes rendent très bien et réussissant à paraître autre que du cosplay, mention spéciale à Laura.

Les scènes d'action sont efficaces, c'est vrai on a clairement déjà vu mieux, mais il y a de l'idée; notamment avec la séquence à la première personne tout droit inspirée de l'oeuvre Russe d'Ilya Naishuller Hardcore Henry. Je regrette tout de même qu'il n'y est pas eu un adversaire assez valeureux au gun pour Nicky permettant de rendre un duel spectaculaire. Toujours est-il que le récit est dynamique larguant bon nombre de péripéties suffisamment nombreuses pour ne jamais trouver le temps long.

Niveau musique c'est plutôt bon, même très bon puisqu'on retrouve des thèmes entraînants fonctionnant superbement comme le titre ''Are You Gonna be My Girl'' pour ne citer que celui-là. On retrouve également la piste principale de l'anime City Hunter, mais aussi la chanson française du fameux générique ''Nicky Larson'' chanté par ''Jean-Paul Cesari'' qui apparaît bien entendu dans le film pour mon plus grand plaisir.
D'autres caméos agréables et plaisants sont de la partie. Ainsi on retrouve Pamela Anderson, Raphaël Personnaz, Gérard Jugnot, Medi Sadoun, Audrey Lamy et surtout la géniale Dorothée qui nous balance au passage ''Les chaussettes rouges et jaunes à petit pois''. Ah là que de souvenirs!

Le casting n'a rien de bien surprenant puisqu'on retrouve avant tout la bande à Fifi. Cependant il faut bien reconnaître que certains d'entre eux revêtent un look les rendant méconnaissables, également en tout point ressemblant aux personnages du manga.
Philippe Lacheau incarne de manière crédible Nicky Larson après un changement de couleur de cheveux et une coupe en bataille avec une prise musculaire il a de l'allure. On est loin de la carrure du vrai et original Ryo Saeba, tout de même il faut admettre qu'il possède son élégance. Crédible du début à la fin dans son rôle, on accepte assez rapidement le rôle du comédien et on se laisse allègrement transporter dans ses aventures et autres déboires sexuels.

Sa partenaire Élodie Fontan alias Laura est vraiment la plus surprenante. Elle incarne tellement bien son personnage qu'on croirait avoir réellement affaire à la vraie! À la fois surprenante, drôle, fraîche, roque, et sensible elle forme un parfait duo avec Nicky, maniant toujours aussi allègrement la massue. Pour être honnête je la trouve séduisante sous cette allure.
Kamel Guenfoud que je découvre pour la première fois dans ce long métrage est la réplique parfaite de mammouth (Falcon pour City Hunter), il n'est pas énormément présent mais il fait mouche quand il arrive. Bon je regrette qu'il soit tourné en ridicule durant son duel face à Nicky, où le résultat tourne à la blague. Leur confrontation aurait dû être bien plus sérieuse que cela.

Voilà qu'arrive ce que je considère comme étant le problème de cette adaptation, les comédiens Tarek Boudali (Pancho) et Julien Arruti (Skippy). Assurément ils sont par moments drôles lors de leurs apparitions à l'écran, mais bon sang on les aperçoit trop, terriblement trop ! À la limite le personnage de Julien Arruti a l'excuse d'être essentiel à l'avancement de l'histoire c'est pourquoi je reste sur ma réserve avec lui, mais celui de Tarek ne sert absolument à rien du tout à part faire des blagues et encore et toujours plus de blagues terriblement nul qui n'avance en rien le récit mais le ralentit. Pour dire sa présence est plus importante encore que celle de mammouth un personnage pourtant central à Nicky Larson.
Je comprends, Tarek est un pote à Fifi et il a voulu le faire participer ok je l'entends, mais pas au détriment du film bon sang. Surtout qu'au vu du rôle déjanté et loufoque du grand méchant à la baballe il l'aurait très bien pu le confier à Tarek. Je suis persuadé qu'en retirant le personnage de Boudali le film y gagnerait en qualité!


Vient enfin Didier Bourdon qui s'avère finalement excellent dans ce rôle plein de surprises, je ne m'attendais pas à ce qu'il me surprenne de la sorte.
Je passerai très rapidement sur l'adaptation du rôle de l'inspectrice Hélène Lamberti (Saeko) par Sophie Mousel qui est vraiment assez loupée, faute à une trop courte durée d'apparition. Peut-être que dans une éventuelle suite on pourrait vraiment la voire à l'oeuvre. Un rôle pourtant essentiel complètement laissé de côté au profil des potes à Fifi dommage. Je ne bouderai pas mon plaisir car ça reste tout de même sympa. Un point qui m'a fortement marqué, le jeu des comédiens qui est par moments vraiment affreux ! Autant par instants c'est bien joué autant d'un coup on a l'impression qu'ils lisent un texte à haute voix c'est assez troublant.

CONCLUSION:

Nicky Larson et le parfum de Cupidon est une COMEDIE d'action qui fonctionne bien, aussi frais qu'original qui trouvera grâce aux yeux des fans pour sa correspondance avec l'oeuvre de base. Néanmoins, malgré d'excellentes musiques, des actions performantes, certains comédiens investis, et quelques situations comiques et cocasses, le film tombe par moments dans la grosse farce made in Lacheau où tout le monde fait les clowns. Donc oui Le Parfum de Cupidon emprunte merveilleusement bien l'univers de Nicky Larson dans à peu près les 3/4 du long métrage pour mon plus grand plaisir, mais il emprunte par moments de mauvais sentiers bien trop grossiers que Lacheau aurait très bien pu éviter pour rendre son film encore meilleur. Il a préféré céder à la facilité de l'idiotie et c'est bien dommage, c'est comme cela que de scènes mémorables, on passe à des scènes affreusement lourdingues, tout ça pour inclure les potes. C'est pourquoi Nicky Larson est une plaisante surprise à tout de même relativiser, qui selon moi pourrait s'avérer encore meilleur dans une suite. À ne pas en douter, à ce jour la meilleure adaptation en live de Larson.

Mes respects à Mister Lacheau qui aura eu bien plus de courage que ceux l'ayant condamné avant même de regarder son travail.

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