Comme un faux-air d'hybridation entre Drive et Network

Avis sur Night Call

Avatar Graine De Courge
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Le mois de décembre est arrivé, le froid du nord aussi. C'est sous la jeune et fraîche nuit que je me dirige vers le cinéma, accompagné des lumières de noël et des amis (ciné-day oblige).
Une salle pleine (ciné-day oblige), des gens qui arrivent pendant les bandes-annonces (pas que le ciné-day oblige), le film pouvait commencer.

Une fois encore, la critique sera courte. Généralement à cause du fait que soit j'aime beaucoup le film, soit je le déteste. Cette fois-ci, c'est la première solution qui sera retenue.

Commençons par l’extérieur du film, les gens aiment les comparaisons, savoir à quel film il ressemble, se rapproche, s'écarte, s'oppose, se complète (d'où un débat qui pour moi n'a pas lieu entre 2001 et Interstellar), ici c'est vraiment deux films qui me viennent à l'esprit. Le premier est Drive, pour son aspect visuel : l'homme seul dans la nuit avec sa voiture, parcourant les rues d'une grande ville américaine. Mais cela s'arrête là, le film qui selon inspire le plus Night Call est Network de Sidney Lumet. Night Call dénonce la surconsommation de l'information (qui est un véritable fléau de notre société avec - alerte au troll - la surconsommation de nourriture et de viande - fin de l'alerte au troll). Les thèmes principaux sont véritablement cette recherche de l'information qui va faire vendre, sur du sensationnelle, du frais, du proche, de la peur, qui joue sur nos sentiements, sur notre pseudo insécurité. Pour tout cela le film est fort, très fort.
Cette froideur et noirceur de l'information prend les traits d'un Jake Gyllenhaal sublime, où son jeu de regards (bon sang quel regard terrifiant), son introversion et son immoralité, font de ce film un futur (grand ?) classique du cinéma. Je m'avance sans doute en disant cela, mais cela est pleinement assumé, d'ici quelques années ce film sera encore cité et deviendra un classique. Le sujet est intemporel, la prouesse de l'acteur l'est aussi.

Ce Lou (personnage qu’interprète Jake) est - désolé pour le jeu de mot - un loup solitaire, se tenant loin de la meute, se renseignant et apprenant tout grâce à l'outil internet, n'a pour seul compagnie une plante verte. Pour survivre, il vole et revend, jusqu'au jour où il prend conscience qu'il peut exister d'une autre façon : en filmant des accidents, meurtres et autre scène tragique et sanglante. Il met un pied, puis les deux, dans l'industrie - n'ayons plus peur du mot - de l'information en continue, où images choques et titres chocs font les affaires des pseudo-journalistes et abreuvent les télé-spéctateur. Night Call c'est l'histoire de ces dérives et de ce Lou, qui vend ces images.

Une œuvre folle, noire et sans aucune trace d'humanité, un reflet hélas de notre monde actuel, à l'heure où tout le monde peut faire de l'info, à l'heure de la puissance du clique, des vidéos "youtube" d'infos trafiquées, de buzz et autres faux journalismes à la sauce BFM et I-Télé. Le film pose les bases de questionnements : où sont les limites ? Doit-on tout montrer ? Le journaliste est-il toujours neutre ?

Jake "Lou" Gyllenhaal oscarisé ? On peut y croire !

ps : minuit approche, la relecture attendra demain, mille excuses

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