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« Ah Ah » : Paterson et la quête de la légèreté

"La simplicité, dans le cinéma de Jim Jarmusch, n’est peut-être pas une marque innée de son univers mais un Graal qui s’acquiert au prix d’une longue confrontation avec le monde. Tous les personnages de ses films cherchent le moyen de se fondre dans un microcosme auquel ils n’appartiennent pas et où ils ne parviendront sans doute jamais à s’intégrer. Autant dire que cette quête de la simplicité, toujours contrariée, voire impossible, semble représenter ce qu’il y a de plus important chez Jarmusch.

Paterson raconte à nouveau cette histoire de manière incroyablement efficace et pragmatique. Le film s’intéresse au parcours d’un homme torturé, Paterson, chauffeur de bus et poète dans la ville du même nom, qui tente de retrouver par la poésie ce quotidien à la fois banal et léger à partir duquel il pourra donner un sens nouveau à ses mots.

Paterson était reparti du Festival de Cannes avec une réputation de “havre de paix”. Pourtant, il n’est absolument pas question d’harmonie et de plénitude. Bien qu’il s’en dégage sans doute cette impression, le film raconte en réalité l’exact opposé : Paterson montre plutôt la difficulté pour un homme qui se rêve poète, un poil orgueilleux et pratiquement incapable de s’accorder avec ce qui l’entoure, de retrouver la simplicité et la légèreté, aussi bien dans ses mots que dans la vie de tous les jours. À côté de ses rêves tortueux de poésie, Paterson poursuit un amour chimérique avec Laura, sa “muse”, une femme à l’opposé de lui et qu’il rêve de rejoindre dans le monde de la simplicité, sans que rien n’indique qu’il y arrivera un jour.

Ce retour vers un autre rapport au monde n’est pas une fin en soi, mais la porte vers de nouvelles relations possibles avec ce que Paterson cherche à exprimer dans sa poésie. Une manière de pouvoir enfin trouver les mots pour raconter ce qu’il voit et entend durant les sept journées qui composent le film.

Jarmusch déploie cette quête tout au long du film jusqu’à une scène finale qui livrera le moyen de (re)trouver cet accès : Paterson sera invité à suivre la voie du samouraï, la voie du « Ah Ah », qui est une forme de dialectique entre la poésie et la légèreté du quotidien. Une sorte de formule magique que Paterson devra s’approprier et qu’il ne comprendra peut-être jamais. (...)"

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