DU COUSU MAIN

Avis sur Phantom Thread

Avatar Jonathan Travers
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Pour son huitième film, Paul Thomas Anderson nous livre une histoire d’amour des plus tordues et irrégulières mettant en vedette un Daniel Day-Lewis (dans sa dernière oeuvre) au sommet de son art.

L’histoire va comme suit; Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) est un couturier de mode dont le nom est sur toutes les lèvres. Il fait rouler son immense business avec l’aide de sa sœur Cyril Woodcock (Lesley Manville) et dispose de peu de temps pour tout autre hobby que de livrer d’admirables robes à d’importantes femmes aux caractères bien marqués.

Ses relations amoureuses ne durent jamais longtemps, car il se tanne systématiquement et irrémédiablement des femmes qu’il rencontre; le tout deviendra beaucoup plus complexe lorsqu’il rencontrera la serveuse au sourire foudroyant Alma Elson (Vicky Krieps). La suite du film se transforme en une histoire d’amour non habituelle, qui semble parfois montrer que les deux personnages sont aux antipodes, parfois, qu’ils font qu’un, et souvent, les deux en même temps. Leur relation prend tout son sens quand le personnage incarné par Daniel Day-Lewis tombe malade et qu’Alma doit ou plutôt veut à tout prix s’occuper de lui.

Paul Thomas Anderson nous livre une histoire des plus passionnantes et nous démontre, encore une fois, qu’il est l’un des meilleurs cinéastes de notre époque. Partir d’une idée plus que simple (le cinéaste était malade et sa femme s’occupait de lui au cours de la préparation du film) et d’en faire un récit si complexe est un exploit digne d’un grand artiste. L’importance qu’il accorde aux femmes dans ce récit est immense. Les deux personnages féminins, Cyril et Alma, font preuve d’une force de caractère illimitée, et ne se laissent pas marcher sur les pieds par la puissante personnalité de Reynolds. Ce dernier a besoin de ces deux femmes-là dans sa vie, sans le savoir, pour y retrouver de la stabilité, un retour au calme. C’est un film de personnages, et ces derniers sont grandioses.

Quant à la musique originale, elle se veut plus que surprenante. C’est Jonny Greenwood, plus connu comme étant le guitariste du mythique groupe de rock alternatif Radiohead, qui s’en occupe. On pouvait donc s’attendre à de la grosse guitare ou tout simplement quelque chose de complètement disjoncté, mais c’est tout le contraire qui nous attend. Des petites mélodies au piano, toutes en délicatesse, et d’autres avec un orchestre de 60 musiciens où les instruments à cordes se font entendre assez vigoureusement. Les pièces musicales s’agencent au film naturellement dû à leurs finesses et le rappel de l’époque qu’elles nous amènent. Cela fait plusieurs fois que Greenwood et P.T.A. travaillent ensemble, que ce soit sur les films du cinéaste, ou les vidéoclips du groupe du musicien, et on se n’en tanne jamais.

Un des meilleurs films de l’année 2017 (date de sortie canadienne), sans aucun doute, si ce n’est le meilleur. On espère grandement que Daniel Day-Lewis ne va pas arrêter de jouer, car ce serait une grande perte pour le monde cinématographique. En espérant le revoir dans un Paul Thomas Anderson, un de ces jours. Il sera toujours le bienvenu.

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