Fantômes et couple dysfonctionnel

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En préambule, le filmage de la routine matinale de Reynolds accable immédiatement le personnage d’une culpabilité existentielle : celle d’être un routinier endurci. De là, notre imaginaire entre dans cette boucle. Celle la même, semblable au geste des couturières, assemblant inlassablement de splendides fantômes de tissus, au service de ce trou noir de triste harmonie que campe Daniel Day Lewis. J’ai d’ailleurs retenu comme une jolie clé, l’explication de Paul Thomas Anderson concernant le geste fantôme. Il hante le bras des travailleuses de la soie l’ayant mille fois répété, longtemps après la fin de la journée. Un geste imperceptible à l’impact d’une importance exponentiel, ressentie dans la chair. Imperceptible comme un dés à coudre. Important comme une décoction de champignons. Mais patience !

Ce carcan bouclé mis en place, Paul Thomas prend un plaisir adorable à pervertir son geste par la figure d’Alma, le plus beau fantôme du film, tirant derrière elle une bobine de fil invisible couleur chaos solaire. Tout est bon pour ce tisser une place dans le foyer ! Le couple dysfonctionnel est installé. Au petit déjeuner, une routine en rencontre une autre. Une biscotte en voie de beurrage entre en collision avec le désir d’harmonie silencieuse quasi ermitale. Rupture. À la suite de ce moment d’intimité raté, Alma saisit malgré tout le plus important.

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