Fil rouge du destin

Avis sur Phantom Thread

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Dans le Londres des années 50, le grand couturier Reynolds Woodcock habille la haute société et dirige de concert la maison avec sa sœur Cyril. Une rencontre dans un petit restaurant de province vient bouleverser sa vie. Alma, jeune femme faussement candide, devient sa maîtresse. L’artiste et la muse improvisée se lancent alors dans une relation aussi intense que toxique.

Après There Will Be Blood sorti en 2007, Paul Thomas Anderson retrouve la légende Daniel Day-Lewis pour un dernier tour de piste, l’acteur ayant annoncé prendre sa retraite cinématographique en juin dernier. Et signe avec Phantom Thread un film d’une grande beauté vénéneuse. Ironique mise en abyme quand Day-Lewis, réputé difficile à vivre sur les plateaux de tournage, se glisse avec délice dans les lubies du charismatique personnage de Reynolds. A ses côtés, Vicky Krieps (aperçue dans Le Jeune Karl Marx) incarne une Alma à l’ingéniosité et la noirceur inattendues.

Dans le vase clos de l’atelier et des élégants salons feutrés, où Altesses et aristocrates viennent essayer leurs robes, Phantom Thread tisse entre les personnages des liens en forme de toile d’araignée. Un piège étouffant et malsain, contre lequel Reynolds comme Alma se débattent presque malgré eux. Poids des souvenirs, d’un complexe d’Oedipe jamais résolu, de l’emprise discrète mais implacable d’une soeur chérie (excellente Lesley Manville). L’échappatoire se révèlera aussi radicale que surprenante. Rien ne vaut finalement de frôler la mort pour raviver la passion…

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