Polar... J'ai failli arrêter le visionnage du film dans les premières minutes... Couleurs criardes, sous-titres à deux balles, personnages sortis tout droit d'une BD (ce qu'ils sont réellement), bref, rien de crédible. J'aime bien le genre "série b", mais là c'est tout much. Et puis... Et puis Mads Mikkelsen apparaît, dans un cadre mieux maîtrise, plus esthétique (quelques plans de montagne sont grandioses), et on se dit, tient, on va attendre un peu. Et pendant tout le film on fera le va et vient entre les deux univers. Avec au passage, forcément, de la violence (une scène de torture difficilement supportable), des guns qui tirent sans arrêt, du cul, encore du cul, un peu de violence, et tiens, ça change, une pipe... Et pourtant, on suit ce putain d'acteur minéral qu'est Mikkelsen. Ici, il n'est pas sans rappeler le guerrier silencieux de Valhalla Rising (sûrement le meilleur rôle qu'il est eu jusqu'ici) ; on dirait même que plusieurs clins d’œils sont disséminés dans le scénario de Jonas Akerlund : même personnage borgne, même personnage torturé et mutique, même façon de filmer les combats, et aussi cette nature grandiose, presque hostile tant l'Homme ne semble rien avoir à foutre là. Et puisque je suis du côté des références, on pensera aussi à Jon Wick, Danny the Dog, Sin City, mais aussi quelques influences asiatiques (la scène du couloir renvoie aussitôt à Old Boy). Avec une bande son qui va bien, on finit par aller jusqu'au bout de l'intrigue (largement téléphonée). Ce n'est pas du grand ciné, ce n'est même pas un bon "série B", mais ce film traîne malgré tout un petit quelque chose qui fait qu'on continue à regarder. A commencer par Mads Mikkelsen lui-même dont le choix des rôles me surprendra toujours. Il y a quelque chose de "Pusher" dans Polar, film qui avait révélé cet acteur insolite abonné aux rôles souvent physiques (ce qui n'enlève rien à son talent, bien au contraire). A noter aussi au casting la présence de Katheryn Winnick (Vikings) et de Vanessa Hudgens, qui semble tout droit sortie de "Gimme Shelter". Allez, on pose les neurones sur la table et on se laisse aller...