Strike a pose

Avis sur Port Authority

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Port Authority est un grand terminal de bus en plein cœur de Manhattan et c’est là, qu’un soir, débarque Paul avec pas grand-chose avec lui, sinon une photo de sa demi-sœur sur son portable qui ne sera pas là pour l’accueillir (ni pour l’aider quand il le faudra). De mauvaises aventures en rencontres hasardeuses et foyers miteux, il croise une bande de danseurs noirs et queer adeptes du voguing (célébré par Madonna avec son titre Vogue et déjà mis en avant dans Leave it on the floor en 2013, et plus récemment dans la série Pose). Parmi elle, il y a Wye, seule fille du groupe, dont il tombe amoureux. Mais tous les deux ont un "secret" : elle est transgenre, lui est sans réelle attache et sort de prison.

Mais le film cherche à aller plus loin que ce simple suspens construit autour de ces secrets, de leur éventuelle révélation et des répercussions sur les choix à faire par les personnages. En suivant le parcours de Paul et de Wye, tous les deux rejetés par leur famille et venus à New York tenter un nouveau départ, s’accepter du mieux qu’ils peuvent, Danielle Lessovitz s’intéresse également à une communauté à la marge, une communauté (une famille) d’hommes et de garçons qui se soutiennent, s’affirment par la pratique du voguing, veulent "reprendre l’espace que le monde ne leur donne pas". Et puis à une ville aussi, New York, loin d’un Manhattan de carte postale, filmant surtout Harlem et Brooklyn comme à l’écart, dans leur jus.

Mais cette multiplication des thèmes abordés (auxquels viennent s’ajouter la pratique d’éviction et de vidage d’appartements, l’homophobie, l’intégration, la précarité…) finit par alourdir l’intrigue et par nous éloigner du sujet principal (la belle rencontre amoureuse entre Paul et Wye). D’ailleurs quand Fionn Whitehead et Leyna Bloom, tous les deux magnétiques en diable, n’apparaissent plus ensemble à l’écran, on sent comme un manque, on sent le récit nous échapper, nous passionner à moitié. Lessovitz, le cœur à l’ouvrage, filme nerveux et bariolé (superbe photographie de Jomo Fray), mais convainc moins dans sa maîtrise de la narration.

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