Il était une fois en prison...

Avis sur Prison on Fire

Avatar cherycok
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Des films de Hong Kong, j’en ai vu un sacré paquet. Pourtant, il me reste encore pas mal de lacunes sur des classiques étant donné qu’en général, je suis plus attiré par un petit film méconnu qu’un film dont tout le monde a déjà parlé. Néanmoins, il arrive un temps où il faut combler ces manques et me voilà donc lancé dans ce Prison on Fire souvent cité comme une référence du film de prison, sans doute ce qui s’est fait ce mieux dans le genre à Hong Kong.

Le film se déroule quasi entièrement en milieu carcéral après une courte introduction où le personnage de Tony Leung Ka-Fai commet un homicide involontaire. Ringo Lam va y dépeindre la vie des prisonniers et de leur gardiens de manière quasi documentaire, montrant bien entendu les mauvais moments avec tout ce que cela comporte de magouilles, d’échanges de cigarettes et autres contrebandes, menant souvent à des altercations relativement violentes entre gangs,… mais également les bons moments comme lorsque tous ensemble ils vont fêter le nouvel an chinois, et là c’est plus rare dans les film de prison qui se contentent généralement d’aligner des scènes toutes plus chocs les unes que les autres.
Pour en revenir sur les scènes d’affrontements, Ringo Lam fait le parti pris d’une violence sèche, avec peu ou pas de chorégraphie pour donner un style plus brut, parfois façon mêlée générale où tout le monde met sur la gueule de tout le monde. Le film sait se montrer relativement violent même si les effusions de sang sont assez rares (à part peut-être dans le final), mais aussi d’un point de vue psychologique avec tout ce que ça comporte d’humiliations et de menaces.
La routine d’une prison diront certains mais Prison on Fire a le mérite de dénoncer un peu ce système et ses nombreux dysfonctionnements, nous montrant que quoi qu’il arrive, la violence quelle qu’elle soit mène toujours à la violence même chez le plus pacifiste des détenus.

On retrouve les personnages classiques d’un film de prison. Bien entendu, il y a les chefs de bande incarnés par des gueules connues des amateurs de ciné HK, des gueules de l’emploi qu’on retrouve régulièrement dans les rôles de méchants avec par exemple William Ho ou Frankie Ng et ses nombreux tatouages, héritage de sa jeunesse où il faisait parti des triades avant de se reconvertir dans le cinéma, ou même Tommy Wong incarnant au final un personnage très attachant. Du côté des gardiens, c’est Roy Cheung qui incarne le rôle de l’enfoiré de service qui n’hésite pas à mettre la pagaille du côté des prisonniers en balançant des fausses rumeurs.
Du coté des « gentils », il y a bien entendu Tony Leung Ka-Fai qui campe un héros au départ peu sur de lui, et qui va petit à petit s’affirmer grâce au personnage de Chow Yun-Fat qui va le prendre sous son aile et lui prodiguer les conseils nécessaires pour rester en vie dans ce milieu hostile car enfermé déjà depuis quelques années. Ce dernier est sans doute le personnage le plus attachants de tous et son histoire d’amitié avec Tony Leung Ka-Fai est réellement touchante. Son charisme hallucinant lui permet clairement d’être au dessus du lot et il nous prouvera une fois de plus qu’il est un acteur assez exceptionnel, passant par toutes les émotions jusqu’à un final complètement hallucinant où il laissera éclater toute sa rage dans un jeu il est vrai un peu over the top mais en totale harmonie avec la montée en pression lente du film se finissant en apothéose dans cette mêlée générale où il laissera s’échapper tout contrôle de soi dans un moment assez bluffant.

De par sa mise en scène sobre et efficace et un scénario plus solide qu’il n’y parait, Prison on Fire est une pièce maitresse dans la filmographie de Ringo Lam. Un film puissant qui arrive à faire passer un message assez clair tout en restant très divertissant. Une réussite.

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