Recouillement for a Trique

Avis sur Requiem for a Dream

Avatar Ricky  Grayson
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Vous ai-je déjà parlé de ce pote à moi ?

Celui qui est pote avec un autre pote à moi dont je vous ai déjà parlé et qui vous a déjà parlé de mon pote…Mais si, l’autre pote là, l’alcoolo qui prend son café avec une goutte de white spirit quand les réserves sont vides…Vous le connaissez en plus…Le laid oui ! Ben il est pote avec mon pote.
Mon pote, c’est celui qui a inventé la pignole, rien que ça…si si je t’assure que c’est lui, même que l’idée lui est venue après avoir inventé le 5e doigt de la main.
Comme j’te l’dis mon gars, ce type a mis au point le pouce, c’est à ce con qu’on doit la préhension mec…Tu te rends compte…

Enfin, si j’te parle de lui c’est qu’il se passe des choses étranges avec ce type, des choses qui ne sortent pas des cabinets d’ordinaire, ce genre de choses qu’on essaie de cacher mais qui ressortent à la lumière du jour un jour.
Puis t’façon, t’as dû le remarquer, j’veux dire, t’as vu sa tronche?
Y a des choses qui ne trompent pas, certains signes physiques prédominants dans ce genre de cas.
Déjà, qu’il se fasse greffer de la peau de fesse sur le torse, je pense que ça cache quelque chose. Admettons que ça soit un rêve de gosse, là, je veux pas dire mais les problèmes sont ailleurs dans ce cas.
Mais vu les globes oculaires qu’il se tape, tu te doutes bien que le type n’est pas né comme ça, ou alors il a un sérieux problème de vue.

Le vrai problème, c’est que mon pote est addict, camé, foncedead le type, complètement, mais pas le genre à profiter des vertus de la verte, ou se fourrer le pif dans la poudreuse à Courchevel.
Non mec, son truc c’est le nectar d’abricot, le mille feuilles, les escalopes, la tarte aux poils, le pot à miel, et vu que j’ai pas la tronche de Lignac, tu te doutes bien que j’cause pas gastronomie.
Le genre qui renifle une VHS à plus de 500m, mais maintenant avec l’internet haut débile on s’en tape des antiquités. Et si j’dis pas de connerie, l’internet, c’est aussi une de ses inventions. Il avait tout prévu le con, j’veux dire, c’est le genre de mec qui ne saurait pas t’expliquer le mécanisme d’ouverture d’un pot de cornichons, par contre pour les gros nichons, son plan était rodé dès le départ.
Le pouce, la branlette et l’internet, le plan de domination mondial, rien que ça.
La seule chose qu’il n’avait pas prévu, c’était de devenir la victime numéro 1 de son œuvre.

Avec l’internet, il s’en est mis plein les mirettes, directement en intraveineuse dans les yeux.
Du cul dans les yeux mec, l’occultisme que ça s’appelle il parait, mais je tiens ça du dictionnaire qu’il a inventé aussi, pour les lettres je lui fais moins confiance.

Par contre, les chibres, il en connait un rayon.
Il suffit de parcourir sa chambre pour s’en rendre compte, mais cette aventure requiert du courage.
Il faut le voir pour le croire, un véritable labyrinthe pornographique, les jaquettes empilées formant des murs infranchissables.
Personne n’ayant jamais réussi à en atteindre le bout, et pour cause, le bout est absolument partout. Les nichons suintant de toutes parts, chaque jaquette de VHS contenant son mouchoir usé, car selon lui, le souvenir de la 1ere est sacré, ou sucré mais je ne le comprends pas lorsqu’il parle la bouche pleine.

Bien sur ce labyrinthe ne représente que les ruines de son passé, tout se déroule à présent face à son écran, et son clavier dont chacune des touches hébergent l’équivalent de la population du Luxembourg sous forme liquide.
Ses yeux globuleux, comme branchés sur cette machine en USB : Un Serial Branleur.
Besoin de son fix à heure fixe, jamais rassasié, toujours plus, de la diversité à foison.
Des gros nibards siliconés avec rustines de pneus de tracteurs aux limandes fraichement assaisonnées, en passant par de la fente de bridée débridée suivie par son accompagnement de miches graisseuses sur leur lit de sauce béchamel.
Tout y passe, les onglets défilent et ne se ressemblent pas, la bande passante crache son venin et inonde son appartement dans un tourbillon de fions multicolore.

J'y ai perdu un bras dans cette addiction, essayant de débrancher son écran par tous les moyens, il avait prit le temps de partir à la cuisine et d'y ramener son tranchoir le plus affuté. Depuis je me tiens à l'écart des nouvelles technologies.

Tu penses bien qu'il a déjà essayé d’arrêter, au moins pour quelques heures, avant de repartir de plus belle.
Personne ne se doute de ce qu’il subit, silencieusement, dans la pénombre de son coin multimédia, parce que tout le monde pense juste qu’il est, et qu’il a toujours été moche.

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