I have a Dream

Avis sur Requiem for a Dream

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♫ Musique ♫

Harry avec Tyrone, son meilleur pote et Marion, sa petite amie passe la journée plus ou moins à se droguer et à s'inventer un paradis artificiel.
La mère d'Harry, Sara, elle, souffre d'une autre addiction : la télévision. Un jour, elle est appelée et apprend qu'elle passera de l'autre côté de l'écran pour participer à son émission préférée. Afin de se préparer pour ce grand jour, elle entame un régime draconien.
Chacune de ces personnes en quête d'une vie meilleure est entrainée dans une spirale infernale qui les enfonce toujours un peu plus dans l'angoisse et le désespoir.

L'Homme obsédé par l'obsession

Darren Aronofsky... Mais quel réalisateur. Et dire qu'il y a encore peu, je l'appelais vulgairement le "mec à la Stachmou". Après avoir vu Requiem for a Dream c'est le "génie à la Stachmou". Mais bon, nous ne sommes pas ici pour parler de mon goût prononcé pour les barbes et les moustaches, alors continuons.

Aronofsky, réalisateur repéré dès son premier film avec Pi (son film de fin d'études), est aujourd'hui connu pour The Fountain, the wrestler, Black Swan, Noé et surtout ce deuxième film : le viscéral et culte Requiem for a Dream.
(J’exclus volontairement ses courts métrages que je n'ai pas vus et dont je me tape un rein).

Considérés comme « films d’auteur », les oeuvres d'Aronofsky sont marquées par des formes et thèmes récurrents. Ces personnages sont pratiquement tous des obsessionnels qui vont aller jusqu'à s'infliger de lourdes et graves douleurs dans le but d'atteindre des lubies personnelles : que ce soit pour expliquer le monde (Pi), pour les sensations que procurent les drogues (Requiem for a Dream), pour atteindre la perfection (BlackSwan), ...

American Dream

Requiem for a Dream, devenu culte en quelques années, présente l'effondrement du "rêve américain" engendrant le traumatisme viscéral des personnages mais aussi un choc violent et éternel chez le spectateur ébranlé.

Le titre est pour le moins explicite avec le mot Requiem : prière pour les âmes des défunts, ceci pour un rêve ou même ici quatre rêves, ceux des quatre personnages que nous suivons.

Petit tour d'horizon du casting. Harry, Marion, Tyrone et Sara sont interprétés respectivement par Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans et Ellen Burtyn. Tous très bon, ils nous présentent des personnages à la recherche de l'accomplissement de leurs rêves allant jusqu'à l'autodestruction.

On pourrait cantonner ce film sur "la drogue c'est mal ! " mais en réalité c'est surtout la question qu'est-ce qu'une drogue et ceci sur fond de rêve américain. Les plans et les cuts (plus de 2000 cuts) sont juste parfaits et exceptionnels avec ces accélérations du rythme du film devenu aujourd'hui culte.

Requiem for a dream est un voyage sensoriel où cette jouissance de l'instant, cette béance du désir, cette négation de soi nous entrainent dans le ravage de l'aliénation jusqu'en enfer, pour un rêve brisé.

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