Le film qui t'apprend que la drogue crocodile ça rend manchot

Avis sur Requiem for a Dream

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Au début, je n’avais pas prévu de faire une critique, mais après la claque que je me suis mangé, je me vois dans l’obligation d’en écrire une (best intro ever).

Requiem for a Dream de Darren Aronofsky, adapté du roman Retour à Brooklyn de Hubert Selby Jr. retrace la vie de 4 personnes : Harry (Jared Leto), sa mère Sara (Ellen Burstyn), son ami Tysone (Marlon Wayans) et sa petite amie (Jennifer Connelly). Tous les quatre ont un point commun : la drogue, et dans toutes ses formes : le joint, la télé, le café, l’espoir… Évidemment, rien ne va se passer comme prévu, et tout va dégénérer pour une descente aux enfers dans les règles du lard.

Le principal argument de ce film, c’est la forme, car Aronofsky adore la forme. On note bien sûr ces séquences qui lui sont cultes : ces très gros plans très rapides, accompagné de bruits exagérés montrant la démesure de la drogue. On a également quelques scènes intéressantes, comme Sara refaisant son appart, elle est filmée en accéléré, où 25 secondes de film remplacent 30 minutes de tournage. Notons également le malaise face à la drogue montré de plusieurs façons : caméra à l’épaule qui donne la gerbe, des gros plans déformant les visages, contre-plongées monstrueuses…
Mais quelque chose me dérange dans cette forme : c’est l’utilisation des split screen. A part de rares moments, je ne vois pas leur intérêt. Par exemple dans les premières peurs de Sara (encore elle) pour le frigo, on a ces split screen qui zooment. Pour moi, un simple champ/contre-champ aurait suffi. La preuve, Aronofsky l’utilise plus tard, et c’est tellement plus efficace ! Autrement, je n’ai pas grand-chose à ajouter.

Cependant, limiter cette analyse à la forme serait presque une provocation, car la psychologie des personnages prend aussi une place importante. Pour moi, le plus emblématique est toujours celui de Sara, personnage incroyable. Sara passe son temps devant sa télé à regarder une émission, et rêve d’y passer, obsédée par son image et ce que les autres pensent d’elle : elle tient à dire à toutes les vieilles qui font bronzette devant l’immeuble la grande nouvelle, se prépare pour son passage, veut absolument entrer dans la robe qu’elle a porté quand son fils est entré à l’université, s’imagine sans arrêt son passage à la télé, et surtout cette scène absolument terrible, quand les personnages sortent du poste, observent l’autre côté de la caméra, la ridiculise, cet épisode marquant le début de la fin, Sara commençant à devenir complétement tarée. Autant dire que cette scène m’a traumatisé !
Rajoutons également dans tout ce flot de qualités le casting, avec vous l’aurez compris, Ellen Burstyn, qui joue ici un rôle incroyable et marquant, avec un maquillage excellent... et plutôt flippant. Évidemment, les autres ne sont pas à sous-estimer, mais je crois que j’ai trouvé mon favori dans le lot !

Pour finir, il faut remarquer le superbe travail de Clint Mansell pour la bande-originale, avec des morceaux dingues (génériques), dynamiques (prises de drogue), carrément dérangeants (Sara dans le studio), ou stressantes (le début de la fin).

Requiem for a Dream est un film qui commence gentiment, mais la tension monte petit à petit, les situations s’aggravent tout au long de la séance, pour finir sur un final démesuré, et qui met mal à l’aide. Impossible de rester indifférent suite à cela !

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