Plantes contre zombies

Avis sur Retour à Zombieland

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La Maison (presque) Blanche a de nouveaux occupants : Tallahassee, Columbus, Wichita et Little Rock. Dix ans après les avoir laissés dans une Amérique infestée de zombies, on les retrouve plus aguerris que jamais. Oui mais voilà, à aguerri, aguerri et demi : les mort-vivants ont gagné en intelligence et en résistance. Et tout ça n’augure rien de bon quand il faut partir à la recherche de Little Rock qui a décidé de quitter le groupe pour rejoindre Babylon - la cité pacifiste - aux côtés d’un séduisant hippie bien approvisionné en marijuana.

Il serait erroné de classer Retour à Zombieland dans la catégorie de films de zombies. Les cadavres ambulants ne sont ici qu’un prétexte et un faire-valoir à une délicieuse comédie potache et loufoque bien qu’il faille avertir les parents que certaines scènes pourront tout de même effrayer… ces mêmes parents.

Ruben Fleischer force le trait d’une Amérique caricaturale et continue de la malmener gentiment – et nos anti-héros dans son sillage - sur un terrain de jeu aussi hostile qu’une zone de paintball.

C’est donc un retour en grande forme de notre quatuor à l’humour auto-référencé et aux règles de survie énoncées dans des incrustations graphiques décalées. Mention spéciale à Woody Harrelson qui revient encore plus crétin en redneck lourdaud et à Zoey Deutch après qui il faudra bien chercher pour trouver blonde plus stéréotypée. On ne fera hélas pas autant d’efforts pour Jesse Eisenberg, interchangeable avec n’importe quel autre rôle de sa filmographie et qui peine toujours à convaincre depuis The Social Network.

D’aucuns pourront bien entendu trouver un air de (zom)bis repetita dans cette suite sans grande originalité, mais personne ne pourra nier l’ingéniosité de plusieurs scènes désopilantes comme le plan-séquence musclé dans un musée consacré à Elvis Presley ou le « zombie kill of the year » avec une Tour de Pise à l’utilisation détournée.

Surtout, à rebours d’une certaine idéologie militariste très américaine, Fleischer opte pour une scène finale dantesque où l’absence d’arme à feu tranche singulièrement avec le reste du film. À l’image de leur « Babylon », le réalisateur met en exergue le rôle prépondérant de la culture populaire (Elvis, Noël, chansons populaires…) et du vivre- ensemble dans la pérennité d’une civilisation dont le salut réside finalement dans cette capacité à s’entraider et à créer du lien. Aussi pacifiquement qu’il est humainement possible.

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