Les bases de Baz

Avis sur Roméo + Juliette

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Déjà pour commencer, je me fous de savoir si c'est bon ou mauvais d'adapter du Shakespeare sous fond des années 90-2000; y compris le style vestimentaire.

Maintenant on va pouvoir pleinement parler du film.
Déjà il est bourré d'insert sur des plans relevant d'une symbolique, déjà parce qu'on parle bien d'une adaptation de Shakespeare donc la foi y va de pair, ensuite de la modernisation d'une histoire d'amour sheakespearienne calé sur une époque assez particulière en terme d'esthétique (oui parce que passé les années 2000 on a rien inventé de plus et on a fichtrement aucun esthétisme qui est reconnaissable hormis les sad boys aka les emos eco+); et enfin de pouvoir gérer les acteurs à parler un anglais du XVIème siècle avec tout le sérieux et l'importance des textes.

Aujourd'hui encore ça m'épate parce que je suis certain que si on donnait le même projet à quelqu'un d'autre on aurait soit quelque chose de trop pompeux sur le livre, soit quelque chose de trop décalé.
Ici je trouve qu'on a un mariage plutôt bien ficelé des deux.
Bon évidemment le film n'est pas si parfait mais le problème réside justement dans l'incrustation des textes en vieil anglais, ce qui peut casser le rythme dans un certain autant que celui-ci peut donner supérieur au drame et à l'amour omniprésent dans le film, et pour cause puisque c'en est le thème.
Autres avantages, inconvénients, c'est le style de Baz, ce fameux style qu'on retrouvera mieux dans Moulin Rouge et Gatsby: mélangé l'ancien et le moderne pour créer une chose étrange qui en fera réagir plus d'un. Et à chaque fois ça ne manque pas !
Je sais que beaucoup ont du mal avec Mercutio en drag queen (mes pauvres bonhommes, si ça est si déstabilisant pour vous je me demande comment vous supporter le cinéma en général et les libertés sexuelles de nos jours, et encore plus drôle à savoir si certains ont vécu dans les années 80). Non pour moi ce personnage incarne la moitié de Roméo à savoir: la folie, l'amour, la loyauté, la fierté et le changement.
Je dis moitié parce que c'est le proche ami de Roméo, proche ami qui lui permet d'être dans une soirée des Capulet, même ami qui l'averti des possibilités et du mal des rêves et de la destinée (par peur pour Roméo bien sûr), et ce dernier étant quelque part l'ange gardien et le premier amour de Roméo.
Je veux dire, ça crève les yeux que Mercutio en pince pour Roméo au point même de tout risqué pour son bonheur, jusqu'à y perdre la vie. Et encore pour cette partie je ne suis pas certain si sa mort engraine plutôt sa fierté puisque il a quelques liens avec les Montague et que Tybalt est trop connu pour sa fierté de combattant.
Et ensuite dernier point validant que chouiner sur le style de Mercutio est ridicule: c'est, à la base, également un bouffon. Il divertit par tout les moyens Roméo, que ce soit par les mots ou le physique; donc j'insiste que s'attarder sur ce personnage est non-seulement une perte de temps mais en plus d'oublier qu'on adapte bien évidemment tout le contexte du livre sous fond des années 90, et c'est tout.
C'est comme se plaindre qu'il y a un fond de guerre de gangs. Alors oui mais quelque part t'es en retard parce que c'est une guerre entre 2 familles rivales ce qui était un peu l'ancêtre des guerres de gangs puisque ça y ressemble tellement.

Bref, après cette petite digression, revenons au style de Baz donc qui se pose sur plusieurs points.
D'une part la musique. Baz fera toujours en sorte que la musique soit au service de ses plans, et encore ce film ne le démontre pas autant que ça puisque Moulin Rouge le confirme mieux (même si ça reste une romance dramatique musicale) et encore mieux avec Gatsby pour l'aspect esthétique.
Ensuite les plans et les couleurs. Baz fera constamment le jeu des insert de plans pour une certaine raison, la plus évidente étant la scène de théâtre sur la plage qui se retrouve assez souvent sur des moments d'une certaine importance. Ensuite les couleurs pour donner le ton du film, mais également autour et sur les personnages pour démontrer leurs sentiments.
Et enfin l'amour impossible. Et on sait que c'est vraiment le genre qui intéresse Baz puisque il recommencera.

En fait, je propose de voir ce film autrement que "l'adaptation moderne de Roméo et Juliette"; non bien au contraire il faut le regarder comme un défi personnel de transposer une romance vieille de plusieurs centaines d'années sur un fond plus moderne pour la rendre aussi étrange que possiblement prenante.
Parce que l'intérêt là-dedans n'est pas que ce soit une adaptation mais comment TOUT le film peut tenir sur ce contexte là. Et le plus fascinant c'est qu'il y a arrive plutôt bien pendant une bonne partie du film.
Pour ma part, l'ayant vu en VO m'a suffit pour constater l'ampleur de l'investissement des acteurs à garder un sérieux et une émotion avec ce vieil anglais le tout grâce à la direction de Baz.

Je ne dirai pas que ce film est digne de louange mais il a le mérite de pousser l'imaginaire dans un sens qui le rend à la fois fascinant et très cheap.
Mention spécial au casting largement satisfaisant et à la dualité des styles Capulet et Montague (les Montague sont plus proche du cassos de jacky tunning qu'autre chose et ça n'a pas de prix).

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