La tempête arrive !

Avis sur Sale temps à l'hôtel El Royale

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Depuis sa sortie au cinéma, l’affiche de Sale temps à l’hôtel El Royale m’intriguait beaucoup avec tous ces néons et ce rouge omniprésent. Cela me donnait envie de voir le film sans pour autant en avoir vu un extrait. Ce n’est que deux ans plus tard que je me suis enfin lancée dans ce périple.

1979, sept personnages aux allures, aux personnalités et aux origines bien différentes se retrouvent tous en même temps par un heureux hasard (pas si heureux que ça en faite) dans l’hôtel El Royale. Une rencontre explosive ! Prestigieux établissement accueillant célébrités et personnalités connues, l’El Royale n’est plus si étincelant qu’auparavant et a un sérieux manque de personnel en ne comptant qu’un seul employé pour s’occuper de tout l’hôtel (réception, ménage, restauration, bar…). Situer à l’écart de la ville, en plein sur la frontière de la Californie et du Nevada, l’El Royale bénéficie de la chaleur et de la lumière du soleil à l’ouest, et de l’espoir et des opportunités à l’est. Malheureusement, une tempête s’annonce (autant au sens propre qu’au sens métaphorique). Déterré les secrets et les vieux démons, voilà une nuit d’enfer qu’ils ne risquent pas d’oublier de si tôt !

Plusieurs fois durant le visionnage je me suis demandé si ce n'était pas un film de Quentin Tarantino, surtout avec les ouvertures de chapitres montrant dans quelle chambre on se situe. Certains passages m'ont également fait penser au 8 Salopards de temps à autre. Néanmoins le film a de nombreuses qualités qu’on ne peut pas lui enlever.

D’abord, les personnages sont très bien construits. Ils ont tous un passé qui leur est propre, et un caractère bien à eux. Les flash-back, courts mais efficaces, nous permettent de mieux comprendre chaque personnage et d’en apprendre plus sur leurs histoires. Ainsi nous nous attachons également plus facilement à eux (même à ceux qui ont commis des fautes). J’ai beaucoup apprécié le personnage de Miles Miller, interprété par Lewis Pullman, dont la souffrance et la torture morale ne peuvent que nous toucher, rendu aussi possible par son bon jeu d’acteur. En revanche, pour ce qui est de Billie Lee je m’attendais à voir un personnage un peu plus flamboyant, charismatique, et imposant. Peut-être que s’il n’avait pas eu un anchois sous le nez il aurait eu tout cela mais ce n’est pas le cas.

Les décors années 70 sont sublimes, de la façade jusqu’aux voitures garées sur le parking, en passant par le hall, et le bar. Ils nous plongent dans une autre époque lumineuse et pleine de joies diverses. Les couleurs choisies dans l’entrée de l’hôtel pour chaque côté de la frontière (rouge orangé et bleu clair) donne un joli contraste et rappel la couleur de chacun des deux États.

Pour la mise en scène, la reprise de mêmes scènes vu sous différents angles, selon les personnages, m'a paru bien réussi et étonnement pas répétitif. On sait où chaque personnage se trouve au moment de telle action et nous permet de mettre les pièces du puzzle dans l'ordre. Ce genre de reprise se fait lorsqu’un événement assez inattendu se produit. Attention aux surprises, le film n’est pas effrayant mais la méfiance est toujours au premier plan.

Dès le début du film, nous sommes placés sous le point de vue d’un voyeur, sans qu’on ne le sache tout de suite. La première scène commence par un plan fixe, comme si nous étions au théâtre en train de regarder une pièce, sauf qu’on sait que notre présence n’est pas connue du personnage, puisque que le quatrième mur n’est pas brisé. Nous sommes donc mit en position d’observateur indiscret sans que nous en soyons responsable. L’angle de vue de la caméra est à l’image de l’hôtel : un hôtel de pervers !
On sait tout ce qu’il se passe dans chaque chambre. On peut d’ailleurs sentir un léger malaise lorsqu’on découvre tout cela avec le détective, accentuer par la musique d’atmosphère. Mais en même temps on veut connaitre ce que chacun cache. Qui est cette fille kidnappé ? Qu’est-ce qu’il y a dans la valise caché sous le planché ? Etc.

La première fois que j’ai vu ce film je me suis également demandé quel rôle jouait la télévision qui est filmé trois fois (une fois où le sujet des infos est la guerre du Vietnam, et deux fois où on parle du même meurtre qui a eu lieu dans la journée). C’est après avoir revu le film une deuxième fois que j’ai compris que le meurtre en question avait été commit par qui vous savez, même s’il n’est jamais mentionné clairement, l’emplacement du corps, de la balançoire et de la légère pente sont les mêmes dans le flash-back et sur la télé.

J’ai particulièrement aimé la manière dont a été filmé la ligne rouge séparant la Californie et le Nevada. À chaque fois qu’un personnage passe d’un État à l’autre on peut apercevoir un gros plan avec un léger temps d’arrêt. On peut attribuer à cette ligne plusieurs symboliques comme par exemple la simple séparation de deux États avec des lois différentes ou encore la représentation du passé et du présent. Mais surtout, ce à quoi m’a fait penser cette ligne rouge est un ruisseau de sang s’écoulant de l’hôtel, cela devient encore plus flagrant lorsqu’un torrent de pluie commence à tomber du ciel. J’ai également remarqué que les personnages qui marchaient dessus, étaient généralement ceux qui avaient du sang sur les mains.

C’est le cas par exemple de Billie Lee lorsqu’il fait son entrée dans l’El Royale, mais aussi de Miles qui a participé à la guerre du Vietnam, et qui rend son dernier souffle sur la ligne rouge, entre la chaleur (du feu ardent) et l’espoir (d’être pardonné) de la Californie et du Nevada.

L'un des éléments centraux du film, et qui se trouve d'ailleurs au bout de la ligne rouge qui sépare le Californie et le Nevada, est le célèbre Jukebox. Ni dans un État ni dans l'autre, une belle manière de montrer que la musique appartient à tous et traverse les frontières. Les gros plans répétés à chaque fois qu’un nouveau vinyle est inséré pour être écouté sont superbes.

La BO ne m’a pas particulièrement marqué mais il y a tout de même un morceau qui a retenu mon attention, je l’écoute d’ailleurs en boucle depuis que je l’ai entendu : Hush de Deep Purple. Au moment où on entend le hurlement du loup en échos on sent que les vrais ennuis vont bientôt commencer et que quelque chose va arriver. Cette musique colle aussi très bien avec le film et décrit parfaitement la relation entre Rosie et Billie Lee.

S’il y a bien une chose à retenir de ce film c’est qu’il ne faut pas mettre son nez dans les affaires des autres, sauf si bien sûr vous voulez vous retrouver avec des morceaux de plomb dans le corps, mais ça c’est à vous de voir.

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