Pas de Camélia pour le Rônin

Avis sur Sanjuro

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A l’origine, « Sanjuro » devait être l’adaptation d’une nouvelle située dans le Japon féodal. Mais le succès de « Yojimbo », sorti l’année précédente, incita les producteurs et Kurosawa à y intégrer ce personnage de rônin joué par Toshiro Mifune, faisant de « Sanjuro » une suite de « Yojimbo » ! On s’intéresse ainsi à un groupe de jeunes samouraïs naïfs, qui cherchent à combattre la corruption dans leur clan, avant de se rendre compte qu’il se sont trompés de coupable. Ils vont alors déclencher un coup d’état, et être dépassés par les événements. Heureusement, ils pourront compter sur l’aide de Sanjuro, rônin de passage particulièrement habile.

« Sanjuro » est riche en rebondissements, mais il est surtout notable de par son humour omniprésent. En particulier, le film fait régulièrement le contraste entre d’un côté, un anti-héros roublard et escrimeur expert, mais très impoli et vulgaire (Toshiro Mifune, comme toujours très à l’aise dans cette partition !). Et de l’autre, une bande de jeunes ahuris très fidèles à l’étiquette, et combattant pour une cause noble, mais qui commettent bévues sur bévues. Sans compter quelques personnages secondaires très amusants, tel que ce prisonnier qui en vient à rejoindre la cause de ses geôliers, ou ces deux femmes et leurs considérations esthétiques en décalage complet avec l’intrigue guerrière.

Le film offre également une relation plus profonde qu’il n’y parait entre Sanjuro et son adversaire principal, le bras droit du comploteur. Celui-ci constitue miroir de Sanjuro, un guerrier intelligent et adroit, qui ne croit en rien, mais qui a trouvé un employeur qui lui permet de valoriser ses talents. Une confrontation pertinente, qui aboutira à un duel final court, mais particulièrement intense et technique. La fulgurance de cette scène tranche (littéralement !) particulièrement avec le reste du film, certes dynamique, mais un peu plus posé et léger.

Et l’on appréciera bien sûr la mise en scène soignée, esthétique, et symétrique de Kurosawa. Le réalisateur joue adroitement avec des éléments basiques, tels que des mouvements de caméras simples, un ruisseau entre deux domaines séparés par des camélias, ou des groupes de personnages agissant comme un seul individu, pour livrer des compositions astucieuses et exprimer visuellement les divers sentiments de ses personnages.

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