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Sexy Dance 3 : The Battle par Spry

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Avez-vous déjà ressenti ce bonheur intense à l'idée d'avoir trouvé en quelqu'un ou quelque chose les réponses à toutes vos attentes ?
Et cette sensation immense qui chatouille le ventre parce que les choses sont devenues simples d'un battement de cils ?
Ben voilà, vous avez un aperçu de ce que j'ai ressenti en voyant Sexy Dance 3 : The Battle.
Parce qu'en fait, et je le dis avec le sourire, c'est LE film de merde par excellence.

Alors bien sûr, je vous rassure de suite : je ne m'attendais pas à un chef d'œuvre. Au mieux, j'espérais voir l'équivalent d'un film de seconde partie de soirée sur M6. Au lieu de ça, j'ai eu droit à un prime time de Direct 8.

Donc voilà, Sexy Dance 3 : The Battle... Rien que le titre déjà. Je peux comprendre que garder le titre "Step up" de la version originale n'a pas trop de sens pour le marché francophone (quoiqu'on a bien gardé Pulp Fiction ou Die Hard par exemple), mais pourquoi "Sexy" Dance ? Depuis quand le Hip-Hop est sexy ?? Le tango, la salsa, le zouk... Je veux bien. Mais le break, la hype, le locking...

En même temps, l'explication de cette "traduction" foireuse se trouve peut-être dans cette volonté néfaste de toujours mettre "une histoire d'amour impossible digne de Roméo et Juliette" dans ce genre de film.

Car voilà, scénaristiquement parlant, SD3 est aussi vide et improbable qu'un film pornographique, où tout est prétexte à zapper les scènes de dialogues pour passer au vif du sujet. Parce que sérieusement, qui peut croire une seule seconde que chaque problème de la vie de tous les jours peut-être réglé avec un concours de danse à 10.000 $, qui est justement la somme qui vous manque pour racheter l'endroit qui signifie tout pour vous ?

De toute façon, la valeur ajoutée de ce navet n'est pas son inspiration shakespearienne, mais le fait que le film est en 3 dimensions !!

Et là, je dis "Wahoo !".

Non, je déconne, je dis "Stop !".

Non pas parce que c'est une mauvaise idée d'utiliser l'invention de James Cameron (Parce qu'avant, c'est bien connu, la 3D n'existait pas), mais parce qu'il faut savoir le faire. Et bien sûr, ce n'est pas le cas du réalisateur (dont personne ne retiendra le nom, justement pour ce genre de faute de parcours).

Au lieu d'utiliser le procédé pour jouer avec la danse, et ainsi redéfinir la place de la caméra dans une chorégraphie, le spectateur a le droit de voir un lâcher de ballons, des bulles de savon ou, mon moment préféré, totalement WTF, que je vous laisse (re) découvrir :

http://youtu.be/bImA7qS-Xks

Bon... Le titre, c'est fait. Le scénario aussi. La 3D, idem. Parlons des acteurs...

Alors c'est simple : Si j'en crois le synopsis officiel, Luke (Rick Malambri) serait le héros du film, Natalie (Sharni Vinson) la belle mystérieuse et Julien (Joe Slaughter), le méchant. Et là, attention, je fais mon petit moment cultural studies à la Moossye.

Trois personnages blancs, au fond de teint impeccable, tous issus d'un milieu aisé, qui ne transpirent jamais (même après un entrainement intensif de 3 jours), et qui se place au-dessus d'un groupe multi-ethnique, autour d'une danse qu'on pourrait qualifier de "noire", personnellement, ça me choque un peu. Surtout quand ces trois acteurs sont surement les trois qui dansent le moins bien.

Pour preuve, l'utilisation incompréhensible du personnage de Jacob (Keith Stallworth). Il est là, il est noir, il parle un peu, il est le second de Luke, mais jusqu'au bout, on est incapable de comprendre son rôle dans l'histoire. Un faire-valoir de catégorie A, ma p'tite dame.

Mais de toute façon, le vrai héros de SD3, c'est Moose (Adam G. Sevani), déjà à l'affiche de Sexy Dance 2 (Step Up 2 : The streets). Mieux encore, il est LA raison de rester dans la salle jusqu'au bout (avec le mec qui fait danser ses doigts dans le générique de fin). D'ailleurs, ce n'est pas anodin si le film commence par lui, et s'il est au centre du "fameux" battle final.

"Battle final" qui n'a rien d'exceptionnel, malgré l'utilisation pompeuse de costumes lumineux. "Battle final" qui n'en a d'ailleurs que le nom, tant le combat n'existe que dans la tête du producteur. Et "Battle final" qui donnera lieu au plus grand faux raccord de l'histoire du cinéma ("Tiens, j'ai ma veste ? Tiens, j'ai plus ma veste ? Tiens, j'ai ma veste ?")

Donc voilà, Sexy Dance 3 : The Battle, c'est l'exemple parfait du film auto-teleguidé par un scénario sorti de Wikipedia, avec des acteurs plus mannequins que danseurs, avec de la 3D inutile, et des chorégraphies de deuxième année. Un bon film en prime time sur Direct 8, je vous disais !

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