Carpe diem

Avis sur Si tu tends l'oreille

Avatar Alice Perron
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Ce que j’ai vraiment aimé dans ce film c’est une sorte de célébration de la vie réelle, qui peut révéler autant de beauté qu’une aventure épique. J’adore les films de Myazaki et leur potentiel d’émerveillement et de dépaysement, mais ici c’est à contrario un réalisme poétique qui m’a transporté. Le film rappelle qu’on peut trouver de la beauté dans l’ordinaire, que ce soit un lever de soleil panoramique, un chat qui s’enfuit dans une allée sombre, une session de musique improvisée ou une horloge mécanique.

On retrouve l’universalité typique des films Ghibli : Si tu tends l’oreille aborde des thématiques qui parlent à tous, sur différents niveaux, et met en scène une palette d’émotions très riche et très justes, sans jamais tomber dans le sentimentalisme. Que ce soit au travers de Shizuku, de Seiju ou même de la mère de Shizuku, le film parle de notre orientation de vie, de ce que qu’on veut, souhaite et peut faire de nous même. En regardant le film j’ai cherché à me souvenir quand avais-je choisi mon orientation, et à l’instar de l’héroïne, quelles rencontres ont été déterminantes. Les seconds rôles sont également bien écrits, ils apportent d’autres thèmes, comme la place dans la société ou les premiers amours, créant ainsi un film à la fois simple mais riche.

Kondo livre aussi une belle construction de personnages, tous très attachants, et encore une fois dans un équilibre avec le japon « typique » et une certaine marginalité poétique. Cette galerie de personnages est accompagnés de très beaux décors, ici aussi avec un travail entre ordinaire, commun et pourtant enchanteur. L’ensemble est porté par une très belle animation, avec certains décors riches visuellement, comme l’atelier et ses merveilles. Enfin pour compléter, Si tu tends l’oreille possède également une singularité pour un Ghibli : celui d’être porté majoritairement par une chanson, Country road, que Shizuku réécrit au fil du film pour se l’approprier et en faire une sorte de mantra.

J’avoue être juste un peu déroutée par une réplique finale, car se demander en mariage au collège a un côté un peu effrayant, comme si c’était une perspective de vie qui annulait leurs projets d’épanouissement respectifs. Mais peut être faut-il y voir un biais culturel. Dans l’ensemble, Si tu tends l’oreille est une tranche de vie et un premier passage vers la maturité attachant et méditatif.

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