Étonnamment, aucune redite dans ce patchwork sur Spider-Man réjouissant, audacieux et intelligent.

Avis sur Spider-Man : New Generation

Avatar Rémy Fiers
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Vulgairement parlant, et excusez du terme, on en a bouffé de l’Homme Araignée la décennie passée. Entre la trilogie fondatrice pour le genre de Sam Raimi, le reboot (plutôt inutile et oubliable) avec Andrew Garfield et la récente incursion du super-héros dans le Marvel Cinematic Universe après moultes tractations commerciales entre Disney et Sony, l’overdose n’était pas loin. Alors à l’annonce d’un dessin animé sur le sujet, il est évident (et légitime) d’avoir peur bien que cette forme n’ait pas encore eu les honneurs du grand écran. Et bien comme quoi il ne faut jamais rester sur ses préjugés, ce « Spider-Man : New Generation » donne un bon coup de pied dans tout ce qui a déjà été fait non seulement sur son protagoniste principal, mais également dans le genre super-héroïque tout court. Et pas seulement parce qu’on est face à un film d’animation, ce serait réducteur. Mais parce que cette production ne ressemble pas à grand-chose de connu dans le divertissement actuel mais qu’elle surprend aussi bien sur le fond que sur la forme.

En choisissant comme angle de tir, la thématique des dimensions parallèles, le scénario peut tout se permettre jusqu’à faire entrer dans le film six version (plus dingues les unes que les autres et les mots sont pesés) du personnage. Mais cela va bien au-delà du fan service puisque chacun d’entre eux a une justification et une utilité avérée dans l’intrigue déroulée ici. Et en choisissant de prendre comme héros principal un jeune hispano-afro-américain, tout en ne trahissant jamais les comics, le long-métrage a tout bon et coche toutes les cases d’un renouvellement réussi et nécessaire. Miles Morales est donc le nouveau héros qui va devoir apprendre qu’un grand pouvoir implique de grandes reponsabilités. Il y a de plus le bon goût d’adjoindre à tout ça un second degré jouissif et vraiment prononcé ainsi qu’un côté méta qui donne une toute autre dimension (c’est le cas de le dire) à cet univers si connu du spectateur. Les scénaristes ont la bonne idée de partir du principe que l’on connait par cœur l’histoire et l’univers de Peter Parker et que l’on peut donc s’en amuser à foison. Une relecture jubilatoire, respectueuse et qui ose sans avoir peur de se planter. A ce niveau, c’est un grand bravo. Il y a même un côté « Deadpool », moins impertinent certes mais tout aussi délectable, dans la tonalité empruntée par « Spider-Man : New Generation ».

Mais l’autre aspect impressionnant et plutôt inédit ici, c’est celui du style d’animation choisi. On a littéralement l’impression de voir une bande dessinée prendre vie. Sur la forme, c’est splendide ! Non seulement c’est respectueux du matériau de base mais en plus c’est super agréable à l’œil, et pour une fois la 3D n’a pas qu’un impact au mieux inutile, au pire mercantile : elle est totalement immersive. Le foisonnement de couleurs, la dynamique de l’animation et la fluidité des images est un véritable bonheur. Les emprunts au manga et au cartoon grâce à deux des personnages sont un autre clin d’œil à ce mille-feuilles du film d’animation et de super-héros à la fois. Alors le film est peut-être un peu long (près de deux heures) et l’univers Spider-Man est tellement rebattu dans les mémoires qu’il y a tout de même parfois un léger goût de déjà-vu mais ce serait facile et méprisant de s’y attacher au vu des efforts de renouvellement mis en place ici. En revanche, le final est un peu décevant et fatiguant à l’œil dans son aspect psychédélique et excessif. Sinon, c’est ce qui s’appelle une excellente surprise.

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