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Star Wars : Épisode II - L'Attaque des clones par 0eil

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Une bonne dizaine d'années après la mort de Qui-Gon Jin et le début de la formation d'Anakin, ce dernier se retrouve à nouveau en la présence de Padmé, devenue sénatrice de Naboo, pour se charger de sa sécurité. Dès lors, l'histoire se divisera en deux : une enquête "rondement" menée et une histoire d'amour rondement torchée.

En préambule, il va falloir s'y faire, George est revenu derrière la caméra, au scénario, bref, George est doux, mais il est omniprésent, dans ses bons et ses mauvais côtés. On s'en rend compte assez vite : le bonhomme met bien en valeur l'univers coloré de Star Wars, prenant à contre-pied totalement sa première trilogie et ça, personnellement, ça me plaît. C'est vivant, c'est plein de grand délire d'enfant-devenu-adulte-mais-qui-ne-veut-pas-grandir. Bon, l'adulte qui a fini d'être enfant, lui, il va se plaindre, mais pour l'instant, convenons que ça bouge dans tous les sens, c'est animé, on voit plein de planètes. Et oui, j'aime aussi Star Wars pour ça. Après, George, il y a plein d'autres choses qu'il ne sait pas trop faire. Conserver une cohérence dans son histoire, la mener convenablement. Le souci, c'est qu'il n'est pas motivé pour laisser la main ou pour déléguer. Résultats, on se retrouve avec deux histoires parallèles qui donnent l'impression que George Lucas ne sait pas ce qu'il veut dire : Obiwan qui enquête en deux-deux, se permet deux trois blagues joviales avec le sourire hagard d'Ewan McGregor qui a l'air de jouer quelqu'un qui jouerait Obiwan en mode one-man-show et Anakin qui vit l'histoire d'amour la plus priceless de l'histoire des internets.

Et pourtant... il y a quand même une certaine finesse, parfois, dans certains dialogues, qui échappent au spectateur parce qu'il semble que cette même finesse échappe aussi à son auteur. Du coup, on passe complètement à côté de l'étrangeté de l'histoire et ses aspects les plus sordides. La différence d'âge entre Anakin et Padmé, le fait que le premier n'ait jamais eu d'histoire d'amour et se soit enfoncé dans l'obsession d'une unique personne et que la chère ex-reine cherche sans doute, dans les bras de son amant adolescent, à revivre une période de sa vie qu'elle a sacrifié à la royauté de Naboo (elle le dit elle-même, dans le champs : à 12 ans à peine, elle avait une amourette à laquelle elle a mis fin pour prendre ses fonctions au gouvernement). Soit dit en passant, le gouvernement de Naboo, c'est quelque chose, quand même. La relation entre Obiwan et Anakin, de même, semble complètement passer au-dessus de la tête de monsieur Lucas : le fait qu'Anakin ait pris pour père adoptif (lui qui n'en a jamais eu) Obiwan, qui sort alors de son rôle de Maître... on en parle finalement à peine. Et pourtant, cette rage qui boue dans le coeur du jeune padawan trouvera, plus tard, en Obiwan un sujet tout désigné pour se décharger de ses folies.

Ce qui ne semble pas, toutefois, échapper à George, c'est les enjeux dramatiques à brûle-pourpoint, du genre "je suis puissant, mais je veux protéger ceux que j'aime" et qui, on le comprend assez vite, va servir de ressort pour le prochain épisode. Dommage de ne jamais oser approcher la psychologie des personnages. On aurait pu croire à une envie de ne pas juger ses protagonistes (surtout pour l'histoire d'amour entre Anakin et Padmé), mais non. En fait, le souci premier de cet épisode est sans doute de vouloir parler de leur idylle avant de parler de la construction des personnages. J'aurais préféré voir les personnages séparés, se construire doucement puis se retourner plutôt que de voir Natalie Portman fondre dans les bras de Hayden Christensen alors qu'il vient de lui avouer avoir massacré hommes, femmes et enfants. Glam'. D'ailleurs, les acteurs sont loins de livrer leurs meilleurs prestations et tous semblent plutôt attendre qu'on hurle "Coupé" pour retourner bosser sur des projets intéressants. Seul Hayden a l'air motivé : il surjoue à peu près tout, mais on se dit que c'est un peu ça, l'adolescence.

Résultat... un peu dommage : un fan de Star Wars saura lire entre les lignes le dessin des enjeux et rejeter cette idée ridicule de motivation par la protection qui semble habiter Anakin. Mais malheureusement, à part ces quelques éclats, que reste-t-il ? Une aventure mal fagotée, avec une montée en puissance assez pépère, sans grande intensité dramatique, qui laisse dubitatif sur notre capacité à demeurer encore des enfants à l'intérieur... Attendez, je vais me regarder à nouveau la première trilogie, pour vérifier !

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