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Une direction, une idée, un but, une justification : voilà ce que semblait déceler Star Wars VIII. "Laisse les vieilles choses mourir", cette réplique de Kylo Ren aurait pu constituer le coeur de cette nouvelle trilogie, car justifiant pleinement l'orientation desespérement passéiste de l'épisode VII. Maligne, elle laissait transparaître la fin des jedi, du côté obscure, de la rébellion, de l'empire, et ainsi permettre à la saga d'explorer de nouveaux horizons. Précieuse, elle témoigne de la supériorité de l'écriture de Rian Johnson face à celle de J.J. Abrams. À ce titre, certains retournements de situation sont assez intéressants : l'identité des parents de Rey, le rôle de Snoke, car court-circuitant d'emblée l'ensemble des théories fumeuses trouvables sur le net, et après une saison 7 de Game of Thrones incohérente, mise à genoux par son public, c'est on-ne-peut-plus appréciable. Mais là est la limite de la liberté qui fut accordé au petit Rian Johnson, tant le réalisateur du viscéral Looper est irreconnaissable.

D'une part, car l'issu de la confrontation entre Rey et Kylo se solde par un retour à la case départ des plus décevant mais peu étonnant venant de la machine à notalgie qu'est Disney et J.J. Abrams, dorénavant le papa de franchise. C'est terrible, car depuis quelques années déjà, depuis les échecs cuisants de John Carter, The Lone Ranger, ou encore Tomorrowland au box office, Disney se recroqueville à la fois dans une zone de confort crasseuse rendant illégale toute forme d'audace et à la fois dans une politique de conquête des studios malsaine. D'autre part, car l'une des seules bonnes idées que décelait l'épisode VII, à savoir une légère modération des effets spéciaux, est ici mis à la poubelle au profit d'une photographie assez bâtarde lors des nombreux festivals pyrotechniques que se permet le métrage. À ce titre, le duel confrontant Kylo et Luke est d'une laideur dérangeante. Pire, Star Wars VIII se permet d'être moins réussi que les épisodes de la deuxième trilogie en terme de gestion des effets spéciaux. De plus, la mise en scène de Johnson se révèle sans aucune personnalité, car plagiant celle de J.J. Abrams qui - si elle se montre très fluide et parfois saisissante lors de certaines scènes d'action - ne bénéficie d'aucune mesure, ni but, ni intention, ni propos, à l'inverse de celle de George Lucas bien-sûr, mais sans remonter aussi loin, à l'inverse également de celle de Gareth Edwards, noble, ponctuellement vertigineuse durant les scènes d'action, et naturaliste le reste du temps.

Pourtant, si Star Wars VIII est bel et bien une arnaque, le divertissement, lui, est total. Il l'est d'autant plus car il ne s'agit pas d'un remake de L'Empire Contre-Attaque. Cela n'empêche pas de rendre les parallèles grossiers, lorsque l'on confronte Canto Bight et la cité des nuages, le faussaire et Lando, Crait et Hoth, mais ce n'est pas sur eux que l'histoire est construite, ces éléments ne sont donc que ponctuels. L'histoire, parlons-en, est construite comme une course poursuite de deux heures trente entrecoupée de scènes portant sur l'entraînement de Rey, parfait pour entretenir un rythme qui de toute manière ne faiblira jamais. Le film est généreux en pyrotechnie, retournements de situation, et scènes iconiques qui feront frémir le fan qui sommeille en chacun. Si Daisy Ridley se montre un peu en retrait, le charisme de Mark Hamill est palpable, immense. La bande originale de John Williams semble renouer avec le minimalisme des épisodes de la deuxième trilogie tout en faisant preuve d'une nervosité alors jamais vu dans la saga. Mais ce n'est que du vent, de la "poudre de perlimpimpin" comme dirait l'autre.

Car tant de fulgurances pour... rien. Quelle frustration ! Rian Johnson est un réalisateur capable et intelligent, mais peu importe, car après tout selon la logique actuelle, il n'est qu'un employé.

Alex__
5
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