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Une route un peu longue

Avis sur Sur la route

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Classé parmi les cent meilleurs romans du XXe siècle de langue anglaise, Sur la route a été jugé par beaucoup comme inadaptable. La faute sans doute au style rythmé et immédiat de son auteur, Jack Kerouac, l'un des instigateurs de la Beat Generation. De grands cinéastes s'y sont donc cassés les dents tel que Coppola, Van Sant, Godard... En spécialiste du road movie, le projet a finalement échu à Walter Salles qui illustre à merveille cette génération perdue dans l'American Way of life. Hélas, il ne parvient pas à retranscrire l'essentiel : la fureur de vivre des protagonistes.

Au lendemain de la mort de son père, Sal (Sam Riley), apprenti écrivain new-yorkais fait la connaissance de Dean (Garrett Hedlund), ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et séduisante Marylou (Kristen Stewart). Entre Sal et Dean, l'entente est immédiate et fusionnelle.
Refusant de s'enfermer dans une vie trop étriquée et assoiffés de liberté, les trois jeunes gens prennent la route, à la rencontre du monde, des autres et d'eux-mêmes.

Minutieusement documenté sur la vie de l'écrivain et de l'époque de la beat generation, Walter Salles fait un portrait authentique de cette jeune génération ne trouvant pas leur place dans une société en pleine mutation, où la consommation prend son essor et impose un mode de vie idéal. Sur fond de jazz, de drogues et de débauches, on les suit dans leurs périples à travers à la recherche de liberté.

Emmené par la voix de Sam Riley et les mots de Kerouac, le spectateur se trouve face à la genèse de l'œuvre. S'intéressant au processus créatif de l'artiste, le film montre la conception d'un livre dont il est directement adapté offrant, ainsi, une subtile mise en abîme. L'exemple le plus représentatif est la scène, tout en ellipse, où Sal, ayant trouvé l'inspiration, tape des pages et des pages de ce qui va devenir un ouvrage culte.

Porté par des acteurs brillants (de Kristen Stewart au visage d'ange mais le diable au corps à Garret Hedlund en «Rebel without cause» à la James Dean) et par une photographie des plus léchée signé Eric Gautier, Sur la route n'échappe aux longueurs. Proposant pendant plus de deux heures le même schéma fait de sexe, de fêtes et de vitesse, le long métrage lasse par moments. À cause d'un réalisateur qui ne réussit pas à nous faire sentir l'atmosphère de perdition que vivent les personnages. Car à force d'une mise en scène trop soignée, Walter Salles aseptise les errements de cette jeunesse vivant à l'excès, affaiblissant leur fureur de vivre qui les dévore.

Bien que souffrant de quelques longueurs, Sur la route trouve son intérêt dans le portrait des fondateurs de la beat generation. À défaut de transcender, il donnera envie de découvrir ou redécouvrir ce monument de la littérature et l'œuvre de Jack Kerouac.

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