Remake indigne mais intelligemment utilisé

Avis sur Suspiria

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Je n’arrive pas à croire ce que je viens de voir...
Je me suis procuré récemment le remake d’un de mes films préférés : Suspiria ! Chef-d’œuvre absolu du cinéma d’horreur italien réalisé à l’époque par Dario Argento.

Grand maître du giallo - mélange de film policier et horrifique aux saveurs italiennes - il réalise Suspiria en 1977 et surprend le monde entier grâce à l’expressionnisme gore, onirique et surtout expérimental qu’il met en œuvre dans son film !

Comme beaucoup d’œuvres emblématiques du cinéma d’horreur, l’hypothèse d’un remake a été évoquée il y a de ça 2 ans - et ça paraissait impossible à faire étant donné l’unicité et la complexité de l’œuvre originale !

Après David Gordon Green - réalisateur du dernier Halloween - ce sera finalement Luca Guadagnino, réalisateur du touchant mais superflu Call Me By Your Name, qui sera engagé !

Et donc à l’image de son Call Me By Your Name, Guadagnino signe une magnifique œuvre langoureuse à mi-chemin entre fantastique gore et romantisme où une danseuse américaine intègre une grande école allemande dans les années 70 et se retrouve promue par la directrice grâce à son talent.
Il semblerait, contrairement aux apparences, qu’il s’agisse d’une ode au féminisme.
Les hommes ne sont quasiment pas présents dans le film ou sinon pour souffrir entre les mains des sorcières qui dirigent l’école et le seul homme présent parmi les personnages principaux est joué par une femme !

Il y a beaucoup d’interprétations possibles ; pour ce qui est des critiques, il n’y a pas de juste milieu - soit on aime soit on déteste !
Le film apporte un contexte historique en plus : Berlin-Est pendant les attentats de la bande à Baader et l’après-guerre
On y parle de la persécution féminine où l’école de danse est représentative de libération des femmes envers les hommes sexistes et tortionnaires - le film utilise l’exemple des camps de la mort - où la sexualité et solidarité entre femmes est décuplée accentué par certains plans qui font penser au sadisme de « Salò ou les 120 journées de sodome » et le gore est là pour symboliser la délivrance dans ce monde réservé aux hommes : la mort
(Comme vous pouvez le constater, ce film est très gai)

Je vois ce film comme une représentation de ce que la gente féminine subit depuis trop longtemps : un sexisme ambiant duquel il est compliqué d’échapper.
Le message s’adresse aux hommes qui doivent prendre du recul et comprendre que la femme est à leur base même !
Après la tolérance envers la communauté LGBT ; Guadagnino se sert d’un grand classique de l’horreur pour promouvoir l’égalité hommes-femmes, pour moi un des meilleurs remakes qu’on est pu nous fournir ses dernières années !

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