Lianes Folie

Avis sur Tarzan, l'homme singe

Avatar Alex La Biche
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Moi, j'ai longtemps crû que Tarzan était une création de l'usine à rêves Disney. Puis un jour, j'ai grandi. J'ai commencé à apprécier lentement le cinéma, et je suis tombé sur un film dont l'histoire ressemblait étrangement à celle du dessin-animé que je regardais durant chaque vacances chez ma tata. Dans ce film, une jeune femme était enlevée par un homme presque primitif. Cette femme, c'était Jane, lui, il n'avait pas de nom, et tous deux allaient vivre des aventures incroyables et s'apprendre des choses mutuellement.

Lui, il appris à faire des sous-vêtements sexy avec des feuilles. Elle, lui appris les plaisirs charnels en le dépucelant. Ce n'est pas de ce film dont je vais vous parler.

Tarzan, c'est un personnage de fiction sorti tout droite de la tête et de la plume d'Edgar Rice Burroughs, un mec qui aimait beaucoup manger du riz. Il sera à l'origine de vingt-six œuvres sur le personnage. C'est lui qui créa John Carter également. Avant Disney, de nombreuses adaptations de notre ami des singes ont vu le jour, dès 1918, soit quatre ans après le premier roman, mais la plus importante est sans doute celle-ci, celle de 1932, pour le premier film de Tarzan parlant.

"Non, non, non, non, non, non, non..."

Telles sont les premières paroles du film, et on ne croit pas si bien dire. Ici, ce n'est pas Tarzan la star, mais Jane Parker, bien convaincue à aider son papa à profaner un cimetière d'éléphants pour se faire des couilles non pas en or, mais en ivoire. Nom d'une biche, que c'est kitsch. Notre camp d'explorateurs blancs se voit entourer d'hommes colorés, qui dansent avant d'organiser un troc avec nos amis. Le réalisateur fait le choix étrange d'apporter une sorte d'approche documentaire.

W. S. Van Dyke se fout de la portée ethnologique, la population locale est cachectique et primitive, et on s'en balance, comme Tarzan sur sa liane. Ce qu'il filme tel un documentaire, c'est la nature luxuriante. Les décors sont spectaculaires, les panoramas sont excellents, et la nature est très bien représentée. Mais c'est sans compter sur le montage, qui lui, n'est pas du tout convaincant. Le cinéaste essaye d'obtenir harmonie entre beauté de la nature et action, mais ça ne va pas du tout. Les péripéties sont très mal emmenées, et Van Dyke enchaîne les champs / contre-champs comme une bite. C'est bien beau de jongler entre nos personnages et les animaux qui veulent les manger en trichant, mais on y croit pas. C'est mal foutu. C'est de la merde.

Calamité Jane

Maureen O'Sullivan et son personnage sont les points forts du film. Les sous-entendus sexuelles sont exquis avec cette beauté de la nature, et cela apporte pas mal de bonne humeur à cette oeuvre trop plate. "_Savez-Vous tirez ? _Comme une déesse". Si l'on regarde ce film, on va pas se mentir, c'est pour qu'elle puisse pécho Tarzan. Après être passée pour une allumeuse incestueuse auprès de son papa, il suffit qu'elle proclame qu'elle ait envie d'un bon bain chaud, pour que le crime de l'homme en rut retentisse. Cri culte mainte fois imité durant notre jeunesse, mais qui deviendra vite lourd tellement qu'il est utilisé à l'excès. Même quand il nage, bordel.

Et lorsqu'on découvre un Tarzan trapéziste, qui s'élance de lianes en lianes et de branches en branches, comme une Clara Morgane de poutres en poutres, on est en droit de s'attendre à une action badass comme un combat mortel contre un léopard comme chez Disney. Eh bah non, on continue sur l'aspect documentaire mollasson avec des combats sans grands intérêts, où le montage est si rapide que la supercherie saute aux yeux, au lieu d'être cachée. Les singes qui jonglent avec Jane, Tarzan qui fait le con, c'est rigolo mais voilà. Et niveau romantisme, l'homme qui s'est attribué un nom tout seul et qui fait semblant de pas comprendre les mots, ça va cinq minutes. Heureusement que Jane est sexy et s'autorise à draguer l'homme-singe pour sauver le film d'un éternel coup de mou.

On se fait chier, mais on notera la naissance d'un mythe, Cheetah, non pas interprété par Taubira, mais bien un vrai singe tristement formaté pour le cinéma, qui empêche Tarzan, avec l'aide de Jane, de foncer dans le tronc.

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