Huis Clos dans une cave, plus ennuyeux qu'autre chose

Avis sur The Basement

Avatar Rick Jacquet
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Les films d’horreur en huis clos à base de tortures psychologiques et physiques, on peut dire que c’est une mode qui ne veut pas mourir, et qui ne mourir sans doute jamais, ayant prouvé en 2003 avec Saw qu’il était possible de se faire un max d’argent avec une mise de départ ridicule. Dernier venu du genre passé totalement inaperçu, The Basement, sur un tueur en série qui kidnappe apparemment au hasard Craig Owen, musicien marié à Los Angeles. On aura donc droit à, basiquement, un sous-sol de quatre mètres carré, deux personnages qui vont discuter tout le long du film avec une ou deux scènes un peu plus violentes, et voilà. L’originalité du projet provient uniquement du tueur en série du film. Un tueur sadique, on connait. Mais un tueur qui s’amuse à torturer psychologiquement sa victime en inversant les rôles, c’est plutôt nouveau. Craig est donc attaché dans la cave, et notre tueur débarque à chaque fois avec un costume différent et en jouant un rôle différent en faisant passer la victime pour le tueur. Il jouera pour lui le rôle d’un prêtre, de sa copine, de son père, sa mère, un flic et j’en passe. Et tant qu’il ne jouera pas le jeu, Craig va prendre cher. De l’autre côté, on aura de temps en temps la femme de Craig, jouée par Mischa Barton, qui aime vraiment le cinéma de genre (Apartment 1303, L.A. Slasher), et qui se demande où est passé son mari au milieu de la nuit. Dans le fond, pourquoi pas. Un tueur qui a une technique plutôt inédite, peu de personnages et donc la possibilité de les développer pour les rendre attachant, le film a en soit de bonnes cartes en main.

Malheureusement le résultat à l’image est tout autre et laisse clairement à désirer, car The Basement se plante sur bien des points, que ce soit son scénario, ses personnages, sa mise en scène ou même son montage. Et quand on pense qu’il y a deux réalisateurs derrière, qui sont eux mêmes scénaristes de l’œuvre, et qu’ils ont étés aidés par Sean Decker pour des scènes additionnelles (qui avait déjà fait le même job sur L.A. Slasher, déjà avec Mischa Barton donc), et bien ça fait peur. Scénaristiquement déjà, on se rends rapidement compte que le film n’est qu’une seule et unique scène étendue sur 1h30. Basiquement, le spectateur pourra se contenter de regarder les cinq premières minutes et les cinq dernières pour tout comprendre, ni plus, ni moins. Cela ne serait pas gênant si le métrage se permettait de mettre une ambiance réussie en avant. Nous sommes devant un film d’horreur, un film qui nous vend des tortures et j’en passe, et il aurait été plutôt facilement de plonger le spectateur dans un suspense prenant, ou une ambiance malsaine. Mais non, on se rend rapidement compte que le film a été fait pour mettre en avant le râlent des deux acteurs principaux, à savoir donc Cayleb Long jouant Craig, la victime, et Jackson Davis, jouant le psychopathe. De ce point de vu là, il faut avouer qu’ils sont d’ailleurs plutôt bons, que ce soit au début lorsqu’il est clair que Craig est la victime et Bill le tueur, ou plus tard, lorsque la frontière se brise doucement entre les deux et que Craig essaye de manipuler le tueur, qui se prends lui-même au jeu.

Ils le font bien, et on peut douter un instant. Bill souffre-t-il de personnalités multiples ? Est-il fou, psychologiquement fragile ? Ou bien joue-t-il le jeu pour faire sombrer sa victime dans la folie ? Mais au-delà de la prestation des deux acteurs, The Basement n’a strictement rien à proposer, du début à la fin, et on s’y ennuie principalement, une fois son postulat clairement défini, puisqu’il se contente de le répéter à l’infini jusqu’à sa scène finale, avec twist bien entendu (et un twist un peu moisi en plus). En terme de mise en scène, si ça reste propre (pas de photographie dégueulasse, de caméra amateur qui tremblote), ça reste surtout sans génie, sans fluidité, sans une once d’originalité. Difficile de rester alors intéresser par ce qui arrive à notre héros. Surtout qu’au-delà du jeu de rôle entre les deux personnages, aucun élément ne viendra les rendre attachants ou véritablement développés. The Basement se contente alors de suivre sa ligne de conduite, du début à la fin, sans sursauts. Et sans véritablement de scènes chocs pour réveiller le spectateur non plus, le film étant très léger dans sa violence, se contentant de couper quelques doigts, et d’un ultime sursaut final pas vraiment choc, malgré des effets spéciaux en soit plutôt corrects. Mais deux trois effets corrects et deux acteurs qui font le boulot malgré un fond peu passionnant, ça ne suffit pas à faire un bon film, et The Basement n’en est pas un. Clairement fait pour surfer sur la vague de huis clos fauché, il ne laissera pas un grand souvenir, voir pas de souvenirs tout court !

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