Winston et Joe sont dans un bateau

Avis sur The Boat

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Les frères Azzopardi ont réalisé, écrit, produit et joué (Joe) dans ce qui est leur premier long-métrage.
Le récit a pour décors la magnifique île de de Malte ([HS] qui est d'ailleurs le seul pays d'Europe a avoir une langue de base sémitique [/HS]). Le casting est aussi long qu'une queue au guichet de la RATP à la station Mairie de Montreuil à 0:27 : il n'y a qu'un seul acteur ! C'est simple, le film est un mashup entre Arctic de Joe Penna et Styx de Wolfgang Fischer. Donc si vous n'avez vu ni l'un, ni l'autre, ça vous fait voir trois films en un ! Rien que ça, si c'est pas de l'argument tah sah je sais pas où on est. Par contre si vous avez vu et détesté ces films, vous pouvez passer votre chemin et fermer l'onglet (de toute façon le billet est déjà considéré comme lu, c'est pour mes stats).

Il y a beaucoup d'éléments qui peuvent gêner comme la quasi absence de dialogues, un personnage principal qui n'a aucun background ou cette fin ouverte

qui n'apporte aucune réponses, merde !

Si vous n'aimez pas la gueule du héros, vous l'avez dans l'os car vous ne pourrez pas vous identifier à un personnage secondaire voire tertiaire pour certains weirdos.

Cela dit, on pourrait tout à fait qualifier le voilier de personnage principal tant son statut et le rapport qu'il entretient avec le pêcheur sont ambiguës.

À partir de là, si vous arrivez à passer outres ces quelques éléments perturbateurs, il est possible d'apprécier ce film pour ce qu'il est. Le simple visionnement du héros enchaîner ses galères (non ce n'est pas jeu de mot sur la polysémie du mot galère, je n'oserais pas), vomir son kebab maltais du matin, se prendre les éléments de la nature dans la gueule, ça m'a fait plaisir d'être dans mon petit fauteuil de cinéma. Ou alors je suis un gros diksa. Il y a une vraie dose d'angoisse qui est distillée lentement dans nos veines à mesure que l'intrigue évolue. Ce double cloisonnement dans un bateau à la dérive et au beau milieu de nulle part est claustrophobique à souhait.

Le chef opérateur nous montre qu'il sait ce que c'est la lumière. L'introduction avec la falaise et la séquence dans la brume sont un régal. Ce qui est d'autant plus remarquable car j'imagine les contraintes techniques et humaines à la prise de vue.

Pour conclure, malgré un sujet suranné, les auteurs arrivent quand même à y ajouter une couleur. J'ai énormément apprécié la subtile dimension fantastique qui flotte tout au long du film.

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