Où le dénouement envoie tout valser, spectateurs compris

Avis sur The Circle

Avatar Jonathan TJo
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The Circle accuse une introduction à très grande vitesse et forte d'ellipses assez conséquentes, ellipses qui garnieront toute la narration du film sans rester autant gênantes qu'à son début. Il met ensuite en place quelque chose d'assez ambitieux où l'on pense pèle mêle à de nombreuses références, du fameux big brother de 1984 à certains des meilleurs épisodes de la série Black Mirror. Un cocktail assez prometteur duquel il ne sera fait...quasiment rien ? Il y avait matière à réfléchir et à nous faire réfléchir mais le métrage fait preuve d'un zèle considérable pour éviter d'aller au fond des choses.
Pire encore en est ce dénouement qui donne l'impression qu'aucune leçon ne soit tirée par sa protagoniste. Car après quantité de péripéties où l'on voit Mae luter avec les caméras pour sa propre vie privée ou subir des pertes dans ses contacts et famille parce que ceux-là défendent la leur, le personnage décide simplement d'aller au bout de la démarche de ses boss et de proposer la transparence totale pour tout le monde. Où l'on ressort avec cette idée étrange que le film est passé lui-même à côté de son propos, que ses scénaristes sont les seuls à n'avoir pas compris vers quelle morale tendait logiquement ce qu'ils écrivaient.
Imaginez un peu le tableau si Tolkien avait écrit que Frodon remettait l'anneau à Sauron tout sourire ? Si Rowling avait écrit que Harry Potter se mettait à tuer tous les moldus au nom de la magie ? Du non sens.

Je ne sais pas quel dénouement est écrit dans le Best seller ayant inspiré le film mais je serais curieux de le lire. Il reste que pour choisir celui du film, il aurait fallu mieux l'amener, par exemple en développant davantage le personnage de J.Boyega pour mieux comprendre ce qu'il imaginait en créant la base de The Circle, puisque celui d'Emma Watson semble le contenter en suivant sa direction.

En définitive là où on se serait cru en présence d'une œuvre critiquant la société actuelle et la technologie dans ses atteintes à la vie privée, voire contre la passivité même de ses usagers (facilement convaincus et manipulés qu'ils sont et au point de tout accepter grand sourire comme si tout n'était effectivement que des grandes avancées pour leur qualité de vie, au point même parfois de promouvoir ces nouveautés par eux même et donc contre eux même) on se retrouve finalement devant un long métrage qui semble uniquement critiquer le capitalisme et mettre en avant quelque chose d'un communisme total ou tout devrait être partagé jusque dans nos moments de solitudes ou plus intimes et cela sans avoir des grosses têtes au dessus de nous.
Le problème tient peut être ainsi et aussi du fait que les actes finaux de Mae placent ses maîtres en parfaits antagonistes de l'histoire, comme des profiteurs malsains qui seraient seuls à avoir perverti un système pourtant plein de promesses merveilleuses, et donc ainsi de blanchir ledit système - pourtant extrêmement discutable, donc - en mettant en avant des moutons noirs ?

Je ne sais pas qui sera convaincu, surtout après les péripéties auxquelles doivent faire face les personnages du film. Personnellement le manque de logique dans la pirouette finale m'aura totalement éjecté.

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