On est si bien entre copains !...

Avis sur The Climb

Avatar Anne Schneider
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On croit longtemps se trouver devant un film de copains. La première scène donnait le ton, réjouissante, et constituait déjà la matrice d’un court-métrage antérieur : profitant de son expérience avantageuse dans la pratique du vélo, Mike (Michael Angelo Covino) avoue à son grand ami Kyle (Kyle Marvin), qui va se marier, avoir entretenu une relation charnelle avec sa promise, Ava (Judith Godrèche). Le dialogue, débité dans l’essoufflement de la montée, était savoureux, habilement conduit...

Un film de copains, en effet. Les deux héros partagent, à la ville, l’amitié qu’ils mettent en scène, même s’ils ont ici donné libre cours à leur imagination. De fait, ils sont à la fois co-scénaristes et, avec d’autres, co-producteurs ; mais c’est Mike qui réalise. Construit en chapitres, brièvement et énigmatiquement titrés, le long-métrage suit, sur plusieurs années, le lien à éclipses de ces deux amis, inséparables même dans la brouille. Le rythme est enlevé, ce chapitrage permet des ellipses intéressantes, souvent non dénuées d’humour, qui font confiance au spectateur pour restituer les chaînons délibérément manquants.

Un divorce commence à se faire jour avec le spectateur lorsque celui-ci prend peu à peu conscience qu’il se met à goûter davantage ces ellipses que ce qui est montré à l’écran. L’humour s’alourdit et le scénario tombe dans des clichés tels que l’enterrement d’une vie de garçon ; le personnage de Mike devient de plus en plus insupportable, si bien que l’amitié qu’il est supposé éveiller perd en crédibilité ; d’autres invraisemblances, scénaristiques, apparaissent, gênantes malgré une bienveillance supposée ; la volonté de comique, constante, finit par lasser d’autant plus qu’elle manque de carburant ; la photographie criarde de Zach Kuperstein, très années ‘70, s’accorde un peu trop bien avec des chansons françaises de l’époque entièrement tombées dans l’oubli de ce côté de l’Atlantique et peu revendicables, semble-t-il...

Enfin l’ultime scène, qui fait pendant à la première, résume un peu trop clairement le propos : de nouveau à vélo, les deux copains sont flanqués d’un petit héritier, pondu par l’une des femelles qui traverse le film, un peu moins rapidement et radicalement écartée que la première, mais écartée tout de même... La boucle est bouclée, les deux copains, de part et d’autre de la caméra, n’ont effectivement besoin de personne.

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