Le chevalier noir.

Avis sur The Man from Nowhere

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Cette année, nous avons eu en salles deux grosses productions Coréennes (J'ai rencontré le Diable et The Murderer), mais malheureusement, pour une raison inexpliquée, c'est peut-être l'une des meilleures qui en aura été privé. Véritable surprise qui nous tombe dessus comme rarement il en arrive, surtout dans le domaine des sorties direct-to-dvd, The Man From Nowhere vient directement se classer parmi les meilleures productions du genre. Savoureux mélange de polar, d'actioner, de thriller et de drame, il nous fait d'abord découvrir la relation qui lie notre protagoniste, ainsi que sa petite protégée qui le suit à la trace, délaissée par des parents drogués. On sourit, on est émue par ce duo attendrissant, cette fillette qui n'a qu'un seul ami, et cet homme mystérieux peu bavard, puis tout éclate, elle et sa mère sont enlevées, cette dernière est retrouvée morte, et l'autre passe dans les mains des triades. Lui, dont on ne sait rien, qui a perdu le rayon de soleil qui éclairait sa vie, tentera tout pour la retrouver, au cours d'une chasse où la violence suivra un chemin bien pensé. La direction a eu l'intelligence de ne pas nous servir une arme fatale, et durant la première heure, notre curiosité est titillée car on ne sait pas vraiment quelles sont ses compétences ni de quoi il sera capable, et au fur et à mesure que l'on découvrira l'homme, la violence deviendra plus présente, comme pour affirmer sa détermination, ainsi qu'une vision, une fois de plus, bien piètre de la Corée. Difficile de ne pas trop en dire, mais néanmoins sachez qu'en plus de cet aspect noir, sanglant et sauvage, il n'en reste pas moins une dimension dramatique, qui évidemment ne manquera pas de faire pleurer aux moments opportuns.

Bref, The Man From Nowhere est peut-être le meilleur polar de l'année en provenance de Corée, tant ses différents aspects sont présentés de façon judicieuse, sans trop en faire, ni pas assez. Les scènes d'action sont bluffantes, mélangeant allègrement gunfights, combats à mains nues et évidemment une dose appréciable de gore, en particulier lors de l'assaut dans le hall de l'hotel. Certains plans viennent même enrichir le tableau, dont celui du héros passant à travers une vitre, tout en étant suivi par la caméra.
Certains lui reprocheront son côté un peu trop pimpant, loin de la crasse d'un The Murderer, et bien plus proche d'une production Américaine, notamment à cause des ses belles bagnoles, ses discothèques, ou ses costumes de tailleurs, mais la Corée ne pourra pas jouer éternellement la carte du pays du tiers monde dangereux, car les choses ont évidemment évolué.
Jeong-beom Lee, le réalisateur, qui signe ici son second film, le premier étant l'excellent Cruel Winter Blues, vient une nouvelle fois confirmer son talent, et l'on espère que sa prochaine oeuvre aura enfin le droit à une exploitation en salles.
Pour conclure, les amateurs de cinéma Coréen travaillé et loin des clichés auront toutes les raisons de succomber aux charmes de cet homme sorti de nul part. Ceux qui y sont en revanche allergiques pourraient bien être étonnés, car ici on arrive à un niveau de qualité qui n'obligerait même plus à parler de « cinéma Coréen », mais tout simplement de « cinéma », ni plus, ni moins.
Mention spéciale pour Bin Won, qui bien qu'il ait un physique très typé modèle-Coréen, réussit néanmoins plutôt bien à rentrer dans sans rôle, et à s'affirmer encore plus qu'il ne le faisait déjà dans Mother.

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