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The Neon Demon par l'homme grenouille

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Ralalah… Nicolas Winding Refn… Je ne sais pas si vous connaissez un peu le personnage ou pas, parce que pour le coup, je pense qu’il est difficile de comprendre la démarche de ce « Neon Demon » si on ne connait pas un peu le parcours de son auteur. Et quand je parle de parcours, à dire vrai je parle surtout de son rapport à la presse. Parce que oui, c’est triste à dire, mais j’ai l’impression que plus le temps passe, et plus Nicolas Winding Refn fait des films « méta », où chacun de ses plans et de ses propos n’est en fait qu’une réponse à ce qu’on peut dire de lui dans les médias. Et si je dis que c’est triste c’est parce que je trouve que, plus le temps passe, et plus ses films deviennent de plus en plus vains, malgré le fait que ce gars possède (à mon sens) un remarquable talent. Je pourrais d’ailleurs résumer mon ressenti à l’égard de ce « Neon Demon » ainsi : « certes c’est un film qui démontre remarquablement bien le talent de son auteur mais qui est malheureusement bien trop vain ». D’ailleurs, je pense qu’il faudra être d’une incroyable mauvaise foi pour ne pas AU MOINS reconnaître les qualités de maître plasticien de l’ami NWR. Composition des plans, mouvement, montage, lumière, musique : tout prend corps si harmonieusement entre les mains du réalisateur danois ! On peut ne pas aimer ; on peut ne pas y être sensible ; mais je ne vois pas comment on pourrait renier à ce film là toute cette science et cette inventivité formelles qu’on y retrouve à chaque minute. Personnellement, moi j’y suis sensible. Et pas qu’un peu. De la première à la dernière minute, ce film a été pour moi une véritable orgie, d’autant plus plaisante qu’elle a du sens. Seulement voilà, comme vous pouvez le constater, la note finale que j’attribue à ce film n’est pas révélatrice d’un plaisir ultime. Bien au contraire. Et c’est là que ma critique faite en intro à l’égard du personnage de Nicolas Winding Refn prend tout son sens. Ce gars est tellement mégalo, arrogant et sensible à la reconnaissance sociale, que j’ai l’impression qu’il ne sait plus faire de film pour lui-même et pour ses spectateurs. Non, là, encore une fois, il faut que le Danois transforme son long-métrage en grand justificatif visant à légitimer sa posture et sa démarche auprès de la presse. Ainsi se retrouve-t-on avec un film qui finit par ne s’articuler qu’autour des symboliques et messages qu’entend adresser l’auteur à ses détracteurs, oubliant (volontairement sûrement) d’habiller sa structure d’un peu de chair, d’un peu de sentiment, d’un peu d’humain… Toute l’œuvre ne se résume ici au fond qu’à un discours méta visant à justifier la beauté pure de son cinéma au milieu de ces pantins jaloux qui le méprisent parce qu’ils n’ont pas naturellement la beauté de son cinéma. Alors après, pourquoi pas : ce n’est pas moi qui vais le contredire sur ce point là. S’il l’avait dit en sous-texte dans son film cela ne m’aurait pas dérangé. Mais là le problème c’est que ce n’est pas un sous-texte. C’est le texte. Un texte nu. Un texte sans chair. Un texte sans support. Moi dans ce film, je n’ai trouvé aucun personnage dans lequel me projeter, aucune intrigue dans laquelle me plonger, aucun propos dans lequel cheminer. Non. Tout est lisse et creux. Elle Fanning et ses camarades de jeux ne sont que des poupées de cire au milieu d’un théâtre de son et lumière qui, pendant deux heures durant, rabâchent sans cesse le même propos : « Regardez comme je suis bon ! Bouh aux jaloux ! » Alors certains pourraient dire que l’aspect creux et vain étaient certainement des partis-pris volontaires, afin de mieux critiquer ce monde du show-biz qu’il déteste tant. Certes, mais volontaire ou pas, moi, le creux et le vain ont toujours le même impact sur moi : l’indifférence et l’ennui. A mon sens on peut montrer le vain sans être vain soi-même. On peut montrer le superficiel sans être superficiel. On peut soutenir un propos personnel à travers un propos universel. Nicolas Winding Refn a fait le choix de l’égoïsme : bien lui en fasse. Certains sauront s’en ravir et tant mieux pour eux. Moi, perso, je reste sur la touche. Le NWR de « Drive » me manque et, malheureusement pour moi, je trouve que celui de « Neon Demon » n’en es qu’une pale déclinaison… Quel gâchis… C’est triste…

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