Elle & Lui.

Avis sur The Neon Demon

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Bonsoir. Ceci sera une chronique de mon visionnage de THE NEON DEMON, et Ô grand Dieu il s'en est passé des choses durant ce visionnage.

Contextualisons : j'ai découvert Drive 5 ans après tout le monde, mais ça ne m'a pas empêché de l'apprécier à sa juste valeur. D'avoir trouvé ça génial, envoutant, maitrisé, beau. La patte Refn a griffé mes yeux de ses griffes rouges et bleues.

Quelques semaine plus tard, SensCritique, que je salue, lance un jeu concours pour gagner des places pour une avant-première de The Neon Demon, nouveau film de NWR, que je n'attendais pas spécialement, mais la présence de Elle Fanning, aka mon idole de toujours, me motive a participer.

Bon j'ai pas gagné, mais un pote ouais, et bref voilà que j'me retrouve devant ce cinéma dans le XIXème, à faire la queue. Je vais enfin voir Elle Fanning en vrai. J'ai rechargé mon téléphone avant de partir pour pouvoir prendre ne serait-ce qu'un selfie. J'allais voir un film de NWR au cinéma, en sachant que ça pouvait avoir le potentiel d'être une grosse claque.

Dans la queue du cinéma, surgit InThePanda, critique youtubeur que j'aime beaucoup, et qui nous a mis un vent quand on est allé le voir. Bon.

On rentre dans la salle, et après débarquent NWR et la magnifique Elle Fanning en robe noire et chignon. NWR commence à faire des blagues, Elle Fanning y rigole timidement.

Le film commence.

Par un générique auquel j'avais d'ores et déjà envie de mettre 10/10. Un fond coloré, cristallisé, sur lequel apparaissent les 3 lettres les plus prétentieuses de la galaxies : un énorme N-W-R.
Une musique électro signée Cliff Martinez, qui a composé ici une BO dantesque. Le titre apparait sous des paillettes qui virevoltent, et le voyage commence.

Ce qu'on voit en premier, c'est elle. C'est Elle. Avachie sur un divan, ensanglantée, la caméra recule, et nous fait comprendre que ce n'est qu'une mise en scène, un shooting. Ce personnage, c'est Jesse, jeune mannequin qui vient de débarquer à Los Angeles pour faire carrière. Elle Fanning est transcendante. Et je ne dis pas ça parce que je suis amoureux d'elle, non non, mais objectivement, Elle joue vachement bien. J'avais déjà remarqué ça dans certains de ses autres films et court-métrages, mais là, la voir en vedette d'un film de cet acabit, et surtout la voir s'en sortir comme ça, c'est impressionnant. Elle est pleine de justesse, de candeur, d'expression, il suffit qu'elle esquisse un minuscule sourire, un mouvement de lèvres, pour exprimer 10 000 trucs.

Mais le film n'est pas qu'elle. Il est aussi Lui. Nicolas Winding Refn, qui donne ici tout ce qu'il a. Je parle de l'image, et je ne sais même pas si c'est lui ou son chef op' que je dois vénérer, mais chaque plan est incroyablement beau ! Des couleurs qui forgent un univers de Néons.

Si Nicolas est un maitre de l'image, je ne sais pas si l'on pourrait en dire autant pour le scénario, qui est, comme le lui reproche tout un tas de gens, assez creux et vide. Personnellement ça ne m'a pas gêné, car l'histoire, il y en a une. Simple, mais présente. Or parfois, le film sort de ce canevas et part dans des dérives expérimentales, comme des scènes d'hallucination, ou ne sont présentes que la musique enivrante de Cliff Martinez, et les couleurs "rouges assassines" ou "noir réglisse" des rouges à lèvres des mannequins du film. Quoiqu'il en soit, le film pourrait trainer en longueur à cause de ça. Mais il n'en est rien. J'ai eu la même sensation qu'avec Drive, c'est à dire que je me rends compte que le film est parfois long, mais je n'ai pas envie qu'il s'arrête, tant il est beau et passionnant. Un film qui fait écarquiller nos yeux.

Nan, honnêtement, pendant tout le film j'ai cru que j'allais mettre 10. Seule la fin m'a laissé sur la mienne. De fin. La scène finale, qui pour le coup tourne vers le malsain, n'était peut être pas le meilleur moyen de conclure un quasi-chef d'oeuvre.

Mais pourtant, NWR nous avait prévenu avant le début du film :

J'espère qu'il vous choquera.

C'est pour ça que je ne met "que" 9, parce que la fin aurait gagné à être mieux. Le générique de fin défile, tandis que reviennent Elle Fanning et NWR.
Il faut savoir que, avant la séance, le réalisateur nous avait dit (véridique) :

"Pendant le générique de fin, réfléchissez à des questions, nous répondrons aux meilleures, nous rejetteront les autres. Les meilleures questions permettront de gagner un cadeau. Nous répondrons à 70% de questions de femmes, 30% de questions d'hommes. Les homosexuels ont droit à 2 questions."

Et donc à la fin, les 2 s'installent et attendent des questions. Car si le film était très intéressant, les questions et leurs réponses (quand il y en avait) l'étaient tout autant, et prouvent que le film en a interrogé plus d'un. C'est pourquoi je vais répertorier les meilleures ici (je suis quand même sympa hein).

Déjà, Nicolas Winding Refn s'est avéré être quelqu'un de très drôle. Très cynique. Et capable de mettre des vents monstrueux, prenant son nom un peu trop au pied de la lettre, et de lancer un "Rejected!" à une question pourtant très intéressante.

Concernant sa signature en énorme au début du film, un spectateur demande : "Votre nom est en quelque sorte devenu une marque, comment vous le vivez ?" Un autre aborde les scènes typiquement musicales et "délire artistique" dont je parlais plus haut. Il demande comment s'écrivent ces scènes. Un autre encore parle des couleurs, de leur rôle.

NWR dit qu'il ne fait pas de story board. Qu'il a tourné le film dans l'ordre chronologique. Il ne répond pas à la question. Il annonce aussi être daltonien, et donc faire en sorte que son film ressemble à ce qu'il voit, d'où l'utilisation massive de rouge. C'est quand même dingue qu'un mec daltonien arrive à faire des films aussi beaux.

Un mec a dit à NWR qu'il critiquait dans ce film le monde de la mode, mais que pourtant son film était esthétiquement très travaillé, et donc à l'image du monde de la mode où tout se joue sur l'apparence : est-ce qu'il n'avait pas peur que ces critiques se retournent contre lui ?

Ce à quoi Refn répond : "Je ne critique pas le monde de la mode, ce serait ridicule de le faire car c'est un univers passionnant, moi-même j'aime beaucoup la mode", et Elle Fanning dit qu'elle aussi. Mais jugeant cette question trop ennuyeuse, il passe à quelqu'un d'autre.

"Finalement, qui est The Neon Demon". Et c'est vrai ça, qui est-ce ? Bonne question, à laquelle Elle Fanning commence à répondre qu'elle ne sait pas très bien, qu'au début elle pensait que ce démon était la ville de Los Angeles, puis que ça pouvait être son personnage, Jesse. NWR pense que ça peut aussi être un sentiment, celui du manque de confiance en soi, ou bien la beauté tout simplement.

Mais c'est vrai que le film met vraiment en parallèle les univers de la mode et de la mort. Le "Démon" dans le titre le suggère, mais le fait que Ruby la maquilleuse travaille à mi-temps à la morgue, qu'une mannequin has been ait l'impression d'être "un fantôme", que des images sanglantes reviennent plusieurs fois, depuis la scène d'ouverture où Elle est couverte de faux sang, à la scène où une mannequin se jette sur Jesse qui vient de se couper pour lui sucer le sang…

…que ces mêmes mannequins essayent plusieurs fois de la tuer, et finissent carrément par la manger, à la fin.

Toutes ces scènes soulignent bien ce lien entre mort et mode.

Et tiens, puisqu'on parle de mort, quelqu'un demande également à NWR s'il croit à la réincarnation de ses personnages, dans ses différents films. Il dit que dans les précédents, les personnages principaux sont indéniablement liés, or ici le personnage principal est directement lié à Elle Fanning. Qu'il s'est d'ailleurs très bien entendu avec celle-ci.

En chaque homme se trouve une fille de 16 ans. Pour moi, c'est Elle. On s'est très bien entendus, la première fois qu'on s'est vu, on a chanté des chansons de La Reine des Neiges.

Mais NWR dit surtout que ce film est une conclusion de sa filmographie, que tous ses films mènent à celui-ci. Et c'est vrai que l'univers du film, très esthétique et coloré, mais aussi avec une face cachée violente, celui de la mode, est le meilleur sujet pour un film de NWR.

Questions inspirations, Elle Fanning voulait s'inspirer de Dorothée dans le magicien d'Oz, cette fille qui débarque dans un monde presque fantastique dont elle ne connait rien. Refn, quant à lui, quand on lui demande si il s'est inspiré de Tarantino pour certains combats au couteau, répond un simple "Nope."

Je ne suis pas le meilleur réalisateur de tous les temps. Mais je veux être le meilleur réalisateur du genre de films que je fais.“
- NWR

Elle Fanning raconte que, lorsqu'elle a rencontré le réalisateur, la première chose qu'il lui a demandé est : "Te trouves-tu jolie ?". Une question qui l'a mise très mal à l'aise, car elle trouve qu'aujourd'hui, paradoxalement, dire que l'on est beau est à la fois mal vu, mais que d'un autre côté il faut assumer son corps, s'assumer tel que l'on est -que l'on soit beau, ou pas.

Mais Elle et Nicolas se fichent de ce que l'on pense aujourd'hui.

We're from the future.

Voilà ce qu'ils nous lancent au début des Questions/Réponses. Pour NWR, le futur du divertissement se trouve sur Internet, où il faut se démarquer par sa singularité. C'est un océan d'opportunités.

J'aimerai terminer par la question que j'avais voulu poser à Elle Fanning tout du long, mais que je n'ai pas eu l'occasion de poser, car j'ai pas été interrogé et c'est pas juste parce qu'elle était bien ma question. Mais donc on ne sait jamais, si jamais Elle Fanning est sur SC, et qu'elle tombe sur ma critique…

Donc Elle, j'aimerai te demander comment as-tu aborder le rôle : est-ce que tu aimes beaucoup la mode et que donc ce rôle était l'occasion pour toi de réaliser le rêve d'être dans la peau d'une mannequin, ou est-ce qu'au contraire tu détestes la mode, et que ce rôle était l'occasion de critiquer ce monde ?

Dans l'attente d'une réponse, veuillez agréer, Madame Fanning, l'expression de mes sentiments les plus distingués.

PS : Merci SC de m'avoir permis de rencontrer mon idole et ma future femme, et d'avoir vu une oeuvre comme celle-ci.

Même si je n'ai pas eu mon selfie.

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