Un film de guerre trop conceptuel mais plutôt maîtrisé.

Avis sur The Wall

Avatar Rémy Fiers
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Doug Liman est décidément un réalisateur touche-à-tout qui impressionne par l'éclectisme de sa filmographie. Qu'il s'aventure dans le genre du film d'espionnage ("La Mémoire dans la peau") ou même celui de la science-fiction ("Edge of tomorrow"), il réalise ses long-métrages toujours avec un savoir-faire indéniable et un sens du divertissement intact. Le voilà qui s'attaque à un sous-genre bien particulier, celui du film concept en espace restreint. "Phone Game" ou "Burried" sont passés par là. C'est à dire à un scénario qui tient souvent en deux lignes et met en scène très peu de personnages dans un lieu unique. Ici il met face a face deux snipers, juste séparés par un mur qui donne un sens physique, psychologique et allégorique à l'action.

La promesse est tenue mais comme souvent dans ce genre de production, les limites d'un tel concept sont atteintes et difficiles à transcender. En premier lieu et en toute logique le film fait du surplace. Cependant, l'art du metteur en scène d'un tel projet serait donc d'éviter répétitions et ennui. Ici, c'est peut-être un peu trop long et un peu trop statique pour emporter pleinement l'adhésion du spectateur durant quatre-vingt dix minutes. Et, bizarrement, on a du mal à saisir la topographie exacte du lieu, "The Wall" manquant de plans d'ensemble nous faisant prendre conscience des possibilités limitées du sniper américain face à son ennemi invisible. Enfin, le contexte du film, si on ne peut le juger inintéressant apparaît comme mille fois vu depuis une bonne décennie. Le même pitch dans un conflit moins digéré sur grand écran aurait certainement eu l'avantage du changement et de la nouveauté.

Mais dans l'ensemble le suspense est relativement soutenu; et si aucune séquence ne parvient vraiment à nous scotcher hormis les tirs forcément violents de l'ennemi, la fin nous met complètement KO. En effet, tel un thriller à rebondissements, on ne la voit vraiment pas venir et elle nous colle à notre à notre siège même après que les lumières se soient rallumées. Elle tire vers le haut dans ses ultimes secondes le film. On apprécie également la critique à peine voilée de l'interventionnisme américain en Irak qui évite au film l'écueil du manichéisme. "The Wall" est loin du va-t'en-guerre et surestimé "American Sniper" et c'est tant mieux! Un honnête film concept donc qui nous fait bien ressentir la chaleur éprouvée par le personnage d'Aaron Johnson (un peu frêle pour le rôle) et la situation complexe dans laquelle il se trouve. Pas inoubliable cependant comme souvent ce type de film.

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