Tokyo saigne.

Avis sur Tokyo Gore Police

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Juste après The Machine Girl, voici que c'est au tour de Tokyo Gore Police, autre production Nikkatsu, de faire aussi son apparition — très attendue — en DVD.
Connaissant la prod, on savait à quoi s'attendre, et il faut bien admettre que le film porte bien son nom. Gore à profusion, toujours dans un esprit grand guignol et B-movie.
Dans un futur proche, la police Japonaise est entièrement privatisée, et fait régner une justice sans compromis. Ses plus grands ennemis restent les « Ingénieurs », sortes de mutants capables de transformer leurs blessures en armes, et pratiquement invincibles, à moins d'atteindre un point bien particulier. Ruka (Eihi Shiina) fait partie de cette police, et est la plus douée, mais devra redoubler d'effort à cause d'une profusion d'Ingénieurs dans Tokyo.

The Machine Girl, s'il était bien déjanté, avait pour lui l'avantage de ne pas être trop long, et d'avoir un rythme soutenu. Tokyo Gore Police, en revanche, a tendance à se barrer un peu dans tous les sens, dénonçant une décadence au Japon, que ça soit policière, publicitaire ou sexuelle. Entre-coupé par des pubs affligeantes, on ne peut rater la ressemblance avec deux films de Verhoeven, Robocop et Starship Troopers.
Seulement on a du mal à prendre tout ça au sérieux, ce genre de critique n'ayant pas grand chose à foutre dans ce type de production, et on se demande quelle crédibilité comptait avoir le réalisateur en les plaçant entre une scène où une femme fontaine arrose une assemblée et une autre ou un homme se faire arracher le pénis, qui repousse ensuite pour atteindre plus d'un mètre.
Pour ce qui est de la réalisation et des effets-spéciaux on reconnaitra la patte de Yoshihiro Nishimura, puisque c'est lui qui avait également fait ceux de The Machine Girl, attendez-vous donc à un déluge de sang rouge fluo ainsi qu'une cascade de membres en caoutchouc.

Pour conclure, Tokyo Gore Police, même s'il s'avère visuellement original et dépassant toutes les limites de la décence et du gore, ne présentera au final que peu d'intérêt, le pitch étant bien moins efficace que celui de The Machine Girl, et devenant de ce fait légèrement emmerdant. Rajoutons à cela le fait que le film dure 1h50, ce qui est bien trop pour ce genre de film, qui donne au final l'impression d'être une succession de scènes gores sans vraiment trop de rapport entre-elles, mais uniquement là pour montrer à quel point Nishimura est créatif en matière de trucs dégueux.
Bref, si vous êtes prêts à embarquer pour ce Tokyo décadent, répugnant et malsain, vous passerez un moment relativement sympa, même si l'on déplorera des longueurs et quelques scènes qui relèvent de l'inutile.
Mention spéciale pour Eihi Shiina, dont la beauté tranche littéralement avec l'horreur visuelle du film.

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