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Un jour au cirque

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Ceux qui connaissent déjà les Marx Brothers retrouveront ici les gags habituels des frangins. Ceux qui ne les connaissent pas trouveront ici une assez bonne introduction à leur œuvre.

Et même si ce film n'est pas aussi génial que Plume de Cheval, Soupe au canard ou Un jour à l'opéra (qui figurent parmi les meilleures comédies américaines), ce Jour au Cirque se laisse voir sans déplaisir.
Ici, les Marx sont trois. Si je le précise, c'est que dans certains films s'ajoute un quatrième frangin, Zeppo (le cinquième frère, Gummo, ayant quitté le groupe avant leur carrière cinématographique). trois donc, les plus célèbres : Groucho, Harpo, Chico. Chacun avec son rôle prédéfini, parfaitement délimité et assumé. Harpo, c'est le personnage muet, un peu lunaire, maladroit. C'est l'antithèse de Groucho : son humour est avant tout visuel, à la limite de l'absurde. Il a la faculté de sortir tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi) de son manteau, ou de son pantalon, etc. Mais parfois il est capable de donner un aspect poétique, rêveur, le temps d'une scène. Et il joue très bien de la harpe (d'où son nom), comme dans une assez belle scène de ce film.
Chico, c'est le personnage le plus terre-à-terre. Celui qui semble le plus ancré dans la réalité. Ce qui ne l'empêche pas de faire d'énormes bourdes, comme dans la scène des cigares. Excellent pianiste, il a, dans la quasi totalité des films des frères Marx, une scène où il réussit à jouer de façon comique.
Groucho, c'est le plus connu et mon préféré. Un peu obsédé sexuel, parfaitement lâche et n'hésitant pas un seul instant à s'attaquer à plus faible que lui (et à fuir devant les plus forts), c'est le maître d'un humour verbal rempli d'absurdités et de calembours (ce qui constitue un véritable défi pour les traducteurs, les jeux de mots étant impossibles à traduire ; d'où la nécessité de voir leurs films en VO et de comprendre suffisamment l'américain). Groucho parle, parle, parle, parle... Et on voit facilement à quel point son humour absurde a inspiré les premières comédies de Woody Allen (ainsi que ses one-man-show).

Jeff Wilson dirige un cirque. il doit 10 000 dollars à un petit truand, et celui-ci ne veut pas qu'on les lui rende. Bien contraire : il veut profiter de cette dette pour faire main basse sur le cirque. C'est là que les frangins entrent en action.
Scénario classique, réalisation poussive, chansons niaises, ce n'est décidément pas le meilleur film des Marx. Mais il se laisse voir avec plaisir pour certaines scènes vraiment hilarante. Harpo et Chico qui fouillent la chambre de l'homme fort, Goliath, pendant son sommeil. Un spectacle de trapézistes avec gorille. Une chanson de Groucho qui nous décrit par le détail les tatouages d'une jeune femme. Les gags s'enchaînent, au milieu d'un blabla qui casse le rythme.
Et puis, il y a Margaret Dumont. Tenant, comme toujours, le rôle de la vieille richissime amoureuse de Groucho, elle est le souffre-douleur habituel des Marx. Son duo avec Groucho occupe toute la fin du film, et c'est un régal.

Un film donc sur lequel je suis mitigé, pas le meilleur Marx mais agréable, malgré les chutes de rythme, les niaiseries et une réalisation lente et sans imagination.

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