Chaînes conjugales

Avis sur Une femme indomp­tée

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Les hommes sont des boulets. En tous cas ceux que croise l'héroïne de ce film.
Un inédit de Naruse avec Hideko Takamine, il faut bien que j'explique mon 6.
6 parce que c'est en dessous des autres, mais quand Hideko change de regard, ça reste magique.
6 parce que ça n'est pas son film le plus subtil, ça sent un peu l'adaptation littéraire, le début est haché, laborieux, en ellipses géantes. Le personnage principal est un peu caricatural, cette femme qui ne rencontre que des hommes mal dégrossis, alors elle passe pour rustre parce qu'elle veut tailler sa vie.
Le premier la soupçonne de n'être pas arrivée vierge au mariage alors que c'est lui le poivrot qui la trompe. Répudiée, elle part dans la montagne comme servante d'auberge pour payer les dettes de son frère. Elle devient (suite à ce qui ressemble quand même à un viol) la maîtresse du patron, un neurasthénique sans volonté dont la femme est partie à Tokyo se faire soigner. Au retour de la légitime, elle repart, en ville cette fois, et travaille comme tailleur. Elle s'associe avec un jovial fainéant qui devient son mari. Elle trime pendant que monsieur se prélasse et drague la prof d'ikebana.
Alors, elle est brutale, forcément, elle tape, elle mord, elle ne se comporte pas toujours avec grâce.
C'est au final un constat terrible sur la condition de la femme à la fin de l'ère Meiji : elle ne peut exister sans homme, mais les hommes ne font que la tirer vers le bas. Sauf qu'elle ne renonce jamais.

Le charme du film réside dans tous les petits détails : comme elle remonte les pans de son kimono pour marcher sous la pluie, la structure de son chignon traditionnel, une filature en pousse-pousse. Et tout un passage comique irrésistible : Hideko qui fait du vélo.

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