L'argent n'a pas d'Hodder

Avis sur Victor Crowley

Avatar Quentin Dubois
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Si 2018 a d'ores et déjà livré ses premières perles (Shape of the water, Phantom thread), en termes de cinéma d'horreur, il semble avoir déjà livré le pire (Day of the dead: Bloodline, Victor Crowley) Ce qui, dans le fond est rassurant compte tenu des mastodontes à venir: Suspiria, Halloween Returns, 4 histoires fantastiques et Ghostland.
En ce qui concerne notre film du jour, il s'agit donc d'une suite à l'inutile trilogie "Hatchet".
"Hatchet", ou "Butcher, la légende de Victor Crowley" était un film d'horreur sorti en 2006 et réalisé par Adam Green dont l'unique intérêt résidait dans le gore poussif et l'ultra-violence, sorte d'hommage nerveux et borderline rendu au pape du gore Herschell Gordon Lewis. Après un premier opus qui a vu naître un boogeyman franchement original, à la fois sur le plan du background et du design, mais qui n'affichait aucune autre conviction que celle d'être une série B trash et volontairement débile, le concept annonçait dès lors ses limites; Etant donné que le tueur est increvable, que quoique l'on lui fasse subir; qu'on le décapite, qu'on le brûle, qu'on le poignarde ou le noie, il ne pourra jamais mourir, Comment se renouveler et contourner cette faiblesse scénaristique, ce talon d'Achille qui en réalité est la force principale du tueur? Facile. Vous avez vu les Vendredi 13? voilà, vous avez votre réponse.

Passé les insignifiants opus 2 et 3, que vaut donc ce quatrième opus dont la bande-annonce laissait craindre le pire?

Les personnages, ici issus du monde de la télé-réalité et du show-bizz, sont probablement les plus horribles caricatures jamais réalisées à ce jour. Certes, la présence de second degré tente de camoufler en vain la justification de l'image renvoyée par ces "personnalités", mais cette forme d'humour est d'une maladresse terrible; il en résulterait presque un mépris envers certaines communautés. Loin de moi l'idée de militer et de prendre parti pour telle et telle cause et laissons la défense de la cause LGBT à d'autres, mais certains gags feront grincer des dents. Par exemple, dans le premier quart d'heure, succédant à un plan nichons gratuit (mais dans l'esprit de ce à quoi le film rend hommage, dont nous outrepassons ce détail anodin) un homme obèse se présente dans un salon pour pouvoir faire dédicasser un livre. Ce dernier sort ensuite son pénis (réellement, pas un en latex, nous ne sommes pas chez Eli Roth)afin de le faire dédicasser. Nous avons donc droit à plusieurs magnifiques gros plans sur un...micropénis. L'auteur du livre, choqué, ne réagit pas. L'homme lui répond alors: "ben quoi, t'écris pas sur ma bite? T'es homophobe ou quoi?". Très génant comme dialogue...La finesse d'un Tarantino semble avoir été troquée contre le mauvais goût d'un John Waters.

La critique pourrait s'arrêter ici, tant le fond parait avoir été atteint. Nommons ce qui s’avèreront être des évidences: le jeu d'acteurs est catastrophique, l'humour est génant et d'un mauvais goût absolu, le gore y est, très, très amateur, le décor en carton (mention à cet avion en papier-mâché et à cette utilisation minimale du marais). Regrettable de voir Kane Hodder se mêler à cette mauvaise blague, gâchis de temps, d'argent (pas beaucoup) qui auraient pu servir à financer un enième Vendredi 13,par exemple mais avec le meilleur Jason Voorhees de la franchise en la personne de Kane Hodder?

Dans le marais, personne ne vous entendra crowley...et bonne chance pour dépasser la première demi-heure.

Et comme convenu:

Victor Crowley survit et la fin est ouverte. Youpi?

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