Post-Apocalyptic Romantic Comedy.

Avis sur Wall-E

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Depuis les premières aventures de Woody et Buzz, le studio Pixar avait l'habitude d'offrir au public son comptant de magie et d'émotion, de joie cinématographique. Des oeuvres pour la grande majorité brillantes, repoussant sans cesse les limites de la technologie, mais aussi inoffensives et brossant les spectateurs dans le sens du poil. Des cartons sûrs passé le premier essai, ce qui n'enlève bien entendu rien à la grande réussite de ces petites merveilles d'animation. Puis vint Wall-E.

Quasiment muet pendant toute sa première partie, uniquement rythmé par le score composé par Thomas Newman et par le travail exemplaire effectué sur le son par Ben Burtt et son équipe, Wall-E nous présente d'emblée notre chère planète sous un angle peu flatteur. Et pour cause, elle est devenu, au fil des siècles, un gigantesque dépotoir à ciel ouvert. Ne peuplent cet amas d'ordure sponsorisé par une gigantesque multinationale qu'un unique robot-nettoyeur et un cafard increvable.

Quarante minutes de pantomime et de gags uniquement visuels dans un décor apocalyptique qui fait froid dans le dos. Un retour aux sources, à l'essentiel du cinéma, à la simplicité du récit, du rire et de l'émotion. Une approche déroutante et fichtrement courageuse de la part d'un blockbuster obligé de rapporter un maximum de pognon en rameutant un public de moins en moins réceptif au changement, à tout ce qui sort de sa routine.

Une mise en abime que l'on retrouve tout au long d'une seconde partie peut-être plus conventionnelle mais violemment sarcastique. Tout en proposant à son audience un spectacle grandiose, drôle et formellement à se damner (pas un hasard si Dennis Murren et Roger Deakins sont crédités comme consultants), Wall-E tend un miroir à peine déformée à son public, le montrant dans toute sa monstruosité. Des bouffeurs de pop-corn obèses et pratiquement illettrés, incapables de la moindre interaction physique ou émotionnelle, totalement dépendants des machines et ayant bradés leur humanité pour un simulacre de vie bien pépère. Une évolution en sens inverse intelligemment illustrée par l'emploi d'acteurs réels dans les images d'archives, empruntant à l'expérimental Happy Feet son mélange d'animation générée par ordinateur et ses prises de vue réelles.

Mais si Wall-E est une charge vénère contre notre mode actuel de fonctionnement, de notre surconsommation et de notre incapacité à communiquer, il n'en oublie par pour autant de se munir de l'essentiel: un coeur qui bat. Car avant toute chose, Wall-E est un véritable bol de fraîcheur, une histoire d'amour furieusement romantique et improbable entre deux êtres mécaniques que l'on aime par dessus tout. Ils sont tous les deux adorables et touchants, lui, sorte de cousin éloigné de Johnny 5, elle, semblant sortir tout droit d'une usine Apple.

Rencontre détonante entre Isaac Asimov, Charles Chaplin et Woody Allen, Wall-E est un bijou d'entertainment intelligent et ludique, d'une beauté fracassante, drôle autant que critique envers notre société, un sacré grand film peut-être un peu naïf dans son final mais doté d'un coeur aussi gros que ses couilles.

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