Critique à plusiseurs

Avis sur Wall-E

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Critique publiée par le

Ecrit avec Babymelaw et d'autres gens qui sont pas là.

Un début grandiose, à la fois apocalyptique et émouvant, qui nous touche en plein coeur. Wall-E est un robot aux allures d'enfant, seul sur une planète dévastée par l'inconscience humaine, qui continue à faire son travail très minutieusement depuis 700 ans. Sa solitude nous renvoie à ce qui nous attend, et les souvenirs qu'il entasse dans sa caverne d'Ali Baba nous renvoie à ce qui fait une vie.

A chaque haussement de non-sourcils du petit robot, ou chaque mimique smileysque de la jolie i-sonde Apple, on en a les yeux mouillés. Leurs bruits rigolos, la fixation sur les mains, toute la première demi-heure en fait, ça émotionnerait même un criminel de guerre Serbe. Avec des robots plus humains que l'humain, l'éternel thème du film de science fiction. Azimov aurait pu être fier du robot nettoyeur de l'AXIOM tiraillé entre LA ligne par laquelle il est obligé de passer et son devoir. Sans oublier, le personnage préféré de Tamiflu : Le robot-cafard qui attend Wall-E à son retour sur Terre. Le meilleur ami du robot, le personnage le plus drôle et incongru du film.

Chez Pixar, ils se sont appliqués à donner vie à des machines comme jamais ils n'avaient encore donné vie à des personnages virtuellement de chair et de sang. Les trois principaux protagonistes humains font pâle figure contre cette armée de robots plus expressive, moins cliché, plus réelle. Le résultat est plus que bluffant, on arrive à déceler l'émotion dans la fibre optique, l'anxiété dans une chenille qui tremblote, et au final on a presque envie de faire un câlin au voisin de ciné qui bouffe du pop corn depuis le début au lieu de lui foutre son poing dans la gueule. Si si.

C'est la pélicula la plus rigolote depuis longtemps. Les gags ont beau être souvent convenus, assez souvent aussi conçus pour faire rire tous les publics, ils sont surtout d'une efficacité redoutable. Quand de déception notre robot éboueur donne un coup de chenille dans une pile de tuyaux de métal et se les prend tous sur la gueule, ça fait rire. Le petit clin d'oeil à *2001*, encore plus.

Et puis souvent, on rit jaune, et ce parce que... [médaille d'argent au dernier championnat régional des transitions subtiles]... c'est le mouvie qui en envoie le plus dans la gueule aux USA depuis Bowling for Columbine : ces réfugiés obèses qui ont oublié comment marcher et se font assister par des machines du matin au soir en en oubliant complètement ce qui les entoure, la planète Terre en ruines où seules trônent les affiches d'une multinationale toute puissante invitant à la consommation de masse, les vidéos (avec un acteur pour le coup) présentant un président des Etats-Unis guignol à souhait et faisant de la pub pour la firme en question, etc.

Pour la première fois depuis sa création, Pixar prend le risque de prendre parti, de délivrer un message autre que "Les amis, c'est super important !" ou "Grandir, c'est pas facile.". Si Cars avait effleurer le thème de l'acceptation et Finding Nemo s'était révélé d'un niveau dramatique bien supérieur aux autres productions actuelles. Le studio n'avait jamais délivré un message aussi clair envers la politique, le futur... Alors bien sûr, être écolo en 2008 n'est pas forcément le point de vue le plus couillu qu'il soit et le "je ne veux pas survivre, mais je veux vivre" du capitaine est un moment de franche rigolade dans le cliché, mais qu'importe.

Au delà, de ce message politique audacieux mais casse-gueule, Pixar réalise son pari cinématographique, à savoir la réalisation de la première grande comédie romantique d'animation. Les dialogues presque muets entre Eve et Wall-E sont tuants de réalisme. On fond, c'est évident, on pleure, on rit devant l'éternelle danse du pouilleux et de la belle. Le film atteint un sommet lors de la danse dans l'espace de nos protagonistes. Trois minutes où le film s'arrête, la musique se fait discrète et où seule la voix-off (délicieuse Pascale Clark, qui ferait presque oublier que c'est Sigourney Weaver en VO) ose briser le silence, l'apesanteur de la plus belle des manières. Un mot évident sur les textures et les décors, éblouissants, il va sans dire. John Lasseter mène son équipe comme l'Axiom, à des milliers d'années lumières de ce qui se fait ailleurs (RIP Kung Fu Panda).

Les magiciens de Pixar ont quand même eu les filles sur le happy end romantique, qui les a littéralement fait fondre : leur côté Coeur Grenadine estival, sans doute. Eve et Wall-E, c'est Lauren Bacall et Humphrey Bogart en 2700.

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