Conspiration ?

Avis sur Zeitgeist : The Movie

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La trilogie Zeitgeist a été réalisée par le réalisateur américain Peter Joseph entre 2007 et 2010. Peter Joseph n’a pas voulu signer ses films avec son patronyme pour protéger sa famille en réaction aux nombreuses menaces qu’il a reçues après avoir mis en ligne son film sur le net.

Les films sont gratuits, libres de droits, preuve d’une volonté d’étendre le domaine de l’open source vers des produits audiovisuels récents.
D’un autre côté, il y a peu de chance pour que vous le voyiez à la télévision, même pas à 3h du matin sur une chaîne comme Arte, pourtant friande d’émissions-chocs et de sensations fortes.

Une petite présentation s’impose :

Zeitgeist

Le premier volet du film traite des religions. Les traits communs entre christianismes et d’autres religions en particulier égyptiennes y sont abordés. En filigrane, on peut aussi y lire une critique des églises évangéliques aux États-Unis et au marché qu’est devenue la religion dans ce pays. Les interprétations de la bible sont nombreuses, ce qui a poussé les croyants à se diviser et non à se rassembler au-delà de leurs divergences. Des interprétations astrologiques des écritures y sont également passées au crible.

Le deuxième volet traite du 11 septembre, de toutes les étranges coïncidences qui s’éloignent de la version officielle des faits. De nombreux intervenants, pompiers, entrepreneurs, experts en incendies et démolition des bâtiments, orateur au Commonwealth viennent apporter des témoignages.

Le Monde est représenté d’emblée comme étant mis en scène. Le prétexte nécessaire pour envoyer des troupes américaines au Moyen-Orient et chasser un ennemi introuvable reste le terrorisme.

Par la suite, cette version aura été appuyée par Mathieu Kassovitz lors d’une émission télévisée et par un certain président iranien à l’ONU.

Le troisième volet du film établit des rapports entre les guerres et l’économie mondiale.
Il explique comment les guerres rapportent de l’argent à certaines élites. Et que les causes qui les ont déclenchées sont fallacieuses.

Zeitgeist Addendum

« Les institutions qui nous dirigent ont été construites sur les vices des hommes : jalousies, avarice, cupidité, désir… Il n’est donc pas signe de bonne santé d’être bien intégré dans une société profondément malade ». C’est par cette citation de Krishnammurti que commence le film. La citation en sera le fil conducteur.

Tout le système d’émission de l’argent est passé en revue, de sa fondation au début du 19e siècle jusqu’aux conséquences plus récentes. Ce système équivaut à une dette, pour chaque euro coulé dans le métal. Et cette dette profite à une élite restreinte. De nombreuses citations parcourent le film, entre autres de Woodrow Wilson qui critique le système et l’avait même interdit durant sa présidence. L’auteur avance le fait que le monde n’est pas dirigé en cachette par des groupuscules, parce que nous sommes tous à même de comprendre les tenants et les aboutissants. Le système économique est visible et compréhensible pour les curieux en quête de savoir.

Ce métrage est aussi l’occasion de présenter Jacques Fresco, fondateur du projet Vénus. Le projet est porteur d’un renouveau économique, non pas basé sur la notion de rareté, mais sur celle de ressources. Ici, c’est le fond du projet qui est présenté : un programme pour surveiller les ressources dans chaque partie du globe.
On y explique une autre raison majeure de la présence américaine en Afghanistan, et ce n’est pas le pétrole, ni la condition de vie des femmes et des enfants !

Zeitgeist Moving Forward

Le film présente plusieurs interviews de scientifiques, des chercheurs et professeurs d’université. La première partie explique le phénomène de la génétique appliqué aux comportements criminels. Ce sont les expériences de l’enfance qui réveillent ou endorment certains gènes, elles ne sont donc pas innées. Et pourtant, le gouvernement américain penche pour cette vision au travers de sa politique carcérale, dont les arguments sont réfutés dans le film.

Les illustrations représentées confèrent au film un look futuriste très science-fiction. Mais Jacques Fresco se défie de cette approche, le but est de nous prouver que la création de ce genre de fermes, de villes est possible avec la technologie dont nous disposons aujourd’hui.

Interview de Monsieur Emmanuel Nashi Murhula, professeur de sociologie de communication à l’ISFSC sur la trilogie Zeitgeist.

Il n’était pas évident de trouver des intervenants à la fois spécialistes des sujets abordés dans le film et qui l’aient vu.
Le milieu artiste et alternatif bruxellois, le connaît peut-être un peu mieux. Mais pour dénicher un spécialiste issu du milieu institutionnel, c’est une autre affaire. Heureusement, Monsieur Nashi, professeur « iconoclaste et anticonformiste », l’a visionné attentivement et il n’a pas sa langue dans sa poche.

Quelle est votre impression générale des films ?

Quand je le dis, en général peu de personnes me croient : « On apprend de ceux à qui l’on enseigne, en l’occurrence j’apprends toujours de mes étudiants ».

Peu de gens, dans mon entourage, connaissent ces films. J’ai eu cette chance grâce à un de mes étudiants justement, sinon, je serais passé à côté. Il est long, c’est un des reproches que je lui fais. Trois fois deux heures, c’est un peu trop long. Il faut vraiment qu’on soit intéressé au départ pour le regarder. Et donc, le film risque de ne toucher que les gens dont le point de vue est proche de celui de l’auteur.

Pour le reste, je suis heureux de voir que des films comme celui-là existent grâce à Internet. Pour moi, c’est un excellent film, pour tous ceux qui ont envie de se cultiver, d’apprendre. Zeitgeist Addendum représente le meilleur de la trilogie, selon moi. Je les ai regardés après minuit parce que, vraiment, ça m’intéresse.

Pourtant, je ne partage pas toutes les thèses du réalisateur parce que c’est un point de vue et tous les points de vue sont limités, aucun n’est omniscient ni omnipotent. D’ailleurs, je taquinais Michel Colon la semaine dernière, lors de sa conférence à l’ISFSC qui posait la question de savoir si les médias nous disaient la vérité sur la Syrie : « La vérité, tu l’as, toi ? N’est-ce pas une vérité ? ». Personne n’est détenteur de la vérité. Mais ici, c’est un pan de la vérité qui mérite d’être connu, qui a du mérite, du courage d’être exprimé de cette façon, de s’en prendre au système.

J’ai regardé une des interviews du réalisateur de 49 minutes. La plupart des thèses qu’il avance sont documentées, c’est cela qui est formidable. On dit beaucoup de choses sur la théorie du complot, mais quand on examine ses sources, on est au minimum troublé. Pourquoi cachent-ils ça ? Les esprits qui veulent en savoir plus ou ceux qui veulent contredire le « système » ont de quoi se documenter au travers des sources citées à la fin des films.

Avez-vous trouvé certains aspects choquants ?

Non, rien ne me choque, plus maintenant, au contraire. J’ai fait des cours de théologie, je suis un curé raté. Ce qu’il raconte sur la religion, je l’ai appris dans mon cours de bible, chez les curés. Et cela m’a choqué à ce moment-là. À mon premier cours de bible, quand on m’a raconté que Dieu n’a pas créé Adam et Ève, je voulais partir. J’ai même été voir mes supérieurs pour me dire que je m’étais trompé de voie.

J’ai fini par comprendre qu’il ne faut pas considérer la bible comme un livre d’histoire. On devrait le raconter à tous les chrétiens, c’est une allégorie qui contient une vérité spirituelle, pas une vérité historique. Ça n’est pas inventé par le réalisateur Peter Joseph, il a des références. Ça ne choque que les gens qui ne veulent pas bouger de leur point de vue. Tant que tu es croyant, on te construit un monde dont les contours sont fixés et tes références se trouvent dans ces contours-là !

Je peux comprendre que cela puisse choquer beaucoup de chrétiens, parce que cela bouscule les références et les cadres qui leur ont servi de guide. Je préfère même des gens qui continuent à croire en Dieu, en Jésus, en Mahomet, etc. après avoir été confronté à ce discours. Parce qu’alors, ils se mettent à croire de manière plus « fondée ».

« Moi je ne suis pas de ceux qui aboliraient la religion », dit Peter Joseph dans une de ses interviews. Il demande seulement de mettre en pratique les préceptes. Tu imagines si tous les chrétiens les mettaient en pratique, y aurait-t-il des gens qui meurent de faim ? Non.

Beaucoup se revendiquent de la foi, mais ils n’ont pas commencé à la pratiquer sérieusement. Une grosse partie des banquiers, des hommes politiques qui prennent des décisions conduisant des milliers de personnes à travers la planète dans la misère, ou qui vont commettre des crimes (de guerre, contre l’humanité) pour des raisons d’Etat, ont des références chrétiennes, mais ne les pratiquent pas.

Vous penchez en faveur des théories de religion communes ?

Certainement, je me base sur un livre « L’âme du monde » écrit par le rédacteur en chef du Monde des religions, Frédéric Lenoir. Il rend compte de la même thèse : les religions ont une même origine et ont toutes en un même fondement. Tous nos construits tournent autour des mêmes symboles. Il fait rencontrer des leaders de religions différentes : juives, chrétiennes, islamiques, bouddhistes. À la fin du livre, c’est le même message qui se dégage, ils croient en la même chose.

Quel impact pensez-vous que ce genre de message peut provoquer ?

Que du positif, en définitive, parce qu’il bouscule les pensées établies. Les pensées figées sont dangereuses, y compris en science, quand on ne peut plus tourner autour d’un point de vue. Il faut pouvoir se dire : « je vois les choses de cette manière, mais quand je me déplace, je n’ai pas exactement la même vision ». En ce compris les dogmes scientifiques, quand ils présentent l’économie libérale comme le reflet de la réalité alors qu’il s’agit d’une construction. C’est donc positif, à condition que les gens ne ferment pas leur esprit en le visionnant.

Pourquoi règne-t-il autour de ces films la tendance de les cataloguer de théorie du complot ou de conspirationniste ?

Parce qu’il va à l’encontre de ce qui a été communément admis socialement, construit et imposé subtilement par le biais des médias et de l’université. Les médias et l’université, comme le dit, Noam Chomsky, sont les deux autres institutions d’endoctrinement, avec l’église. Les tenants du système sont en même temps ceux qui construisent les réactions, surtout au niveau médiatique. Il suffit de disqualifier non pas les propos, mais celui qui les tient, pour dire : « N’écoutez pas, ne lisez pas ». On disqualifie le point de vue contradictoire. On sait que ce sont les groupes financiers qui dirigent les gouvernements par le bout du nez.

Pour moi, les vrais comploteurs, ce sont ceux qui accusent les contradicteurs de complotistes pour le faire taire. On utilise en général ce terme complotiste lorsqu’on est à court d’arguments.

C’est de la même façon, par exemple, que les médias dominants jettent l’anathème sur certains scientifiques qualifiés de « climato-sceptiques », alors qu’ils sont tout aussi climatologues que ceux du système, c’est-à-dire les experts du GIEC. Pourquoi les discréditer plutôt que de les affronter dans un débat ? Pourquoi les citoyens ne devraient-ils pas les écouter, eux ?

Si l’on prenait la peine de les écouter, on comprendrait qu’il s’agit de tout sauf de complot. C’est juste pour empêcher qu’un autre point de vue advienne au public, mais il ne s’agit pas forcément d’illuminés.

Il faut se forger une opinion au travers d’une confrontation de points de vue. Lesdits « comploteurs » vont déterrer des informations que le gouvernement cache.

Je déteste le terrorisme intellectuel qui consiste à vilipender un avis contraire, parce qu’on ne le partage pas. Pascal disait « Le contraire d’une vérité, ce n’est pas un mensonge, c’est une autre vérité ».

Comment l’auteur pourrait-il se débarrasser de ces étiquettes ?

Il faut compter sur le pouvoir d’Internet et sur le bouche-à-oreille. La plupart des médias classiques sont détenus par des financiers dont le film « Zeitgeist » dénonce le pouvoir de nuisance. Donc il ne faut pas s’attendre à le voir diffusé un jour sur les médias dominants. Si on le diffuse une fois, il pourrait y avoir tellement de levées de boucliers.

Tu te rappelles le prix Nobel de l’économie, Paul Krugman, à qui le prix a été attribué après la crise, pas avant. C’est pourtant l’un de ceux qui contredisaient les politiques libérales et leurs théoriciens avant 2008. Il avait prévenu que le système économique allait dans le mur. L’establishment ne l’a jamais écouté ni diffusé ses thèses. Il avait une mauvaise image dans les médias américains, qui ridiculisaient ses thèses les rares fois qu’ils en parlaient. Mais les événements lui ont donné raison. Il n’est pas le seul, ils sont plusieurs sauf que les grands médias n’en parlent que très rarement. Joseph Stiglitz est de ceux-là ; lui non plus n’a pas été écouté avant la crise.

Je suis persuadé que le temps donnera également raison à Peter Joseph. Nous allons dans le mur, quand on voit les solutions libérales préconisés en Grèce, en Espagne, au Portugal. Ce système va s’effondrer. Lorsque l’Etat développeur se transforme en générateur de misère et enrichit davantage les plus aisés, les riches, les banquiers, les dirigeants, cela ne peut pas durer indéfiniment. Cela finira par produire un cataclysme social.

En quoi un documentaire relève-t-il d’une approche subjective et peut-il être fiable ?

Tout document, article film ou ouvrage comporte toujours une part de subjectivité. La subjectivité est contrôlée par l’objectivité, elle part d’une thèse que l’auteur veut étayer. Même la science admet une dimension subjective dans sa démarche. C’est du moins ce qu’enseigne la complexité d’Edgar Morin. La science est truffée de non scientificité, elle a même besoin de la non-science pour s’établir en tant que science.

Pour qu’un document soit fiable, il doit confronter plusieurs points de vue. Chaque document cherche à prouver une thèse, c’est normal s’il construit une argumentation fondée sur des faits, ce qui est le cas de Zeigeist.

Si on n’a pas une thèse à défendre, on n’écrit pas, on ne fait pas de documentaire.

À l’inverse quels sont les critères de manipulation et de falsification d’un documentaire ?

Il arrive qu’au départ la thèse que l’ont veut démontrer soit fausse. À partir de là, tout le matériau que l’on rassemble risque d’être déformé ou interprété dans le but de servir cet objectif. Cependant, je ne sais pas dans quelle mesure on peut affirmer qu’une thèse est fausse.

En science, Karl Popper, qui est aussi philosophe, a dit précisément qu’une théorie scientifique n’est valable que si elle est aussi falsifiable. Si on peut prouver qu’elle ne fonctionne pas dans certaines conditions. Même la falsifiabilité est une des conditions de l’avancée de la science. Il y a des faits communément admis. Mais si l’on croit à la thèse du constructivisme selon laquelle même la science est une construction, il est difficile de répondre à ta question. Comment savoir qu’une thèse est fausse ? C’est la question même de l’épistémologie.

Il y a des vérités condamnées par les scientifiques de l’époque, qui se sont avérées vraies par la suite : « La terre tourne autour du soleil ».

Qu’est-ce qui me prouve que ce que je crois savoir correspond à la vérité ?

Je suis un peu constructiviste sur les bords. Je suis persuadé que la plupart des connaissances sont construites pour les besoins d’une société hic et nunc, élaborées selon des méthodes communément admise par la communauté scientifique à un moment donné et dans un espace donné.

Galilée est arrivé à sa découverte en changeant de méthode, en utilisant le télescope. C’est pour cela qu’il faut défendre la liberté d’expression, y compris sur les sujets les plus délicats : le racisme, la Shoah, l’homosexualité, l’islamophobie... On finira bien par voir ce qui est vrai et ce qui est faux. Nous sommes dans une société de liberté d’expression, avec des balises, bien entendu : pas d’appel au meurtre.

Que pensez-vous du projet Vénus ? Considérez-vous un système économique basé sur des ressources comme réaliste ?

Le projet Vénus, c’est la partie du film où j’ai obtenu le plus de réticence. C’est aussi la plus complexe : que faut-il faire ? Je n’en sais rien. Le projet a le mérite d’exister. Si vous êtes convaincus, retirez votre argent de la banque Goldman Sachs. Peu de gens iront le faire, je m’en doute bien. « Si vous voulez une voiture, achetez un petit modèle ». C’est oublier la nature humaine. Les gens ont besoin de grosses bagnoles qui les différencient du lot.

Une révolution de la conscience prendra des décennies. Plus cette prise de conscience sera aiguisée, plus les gens pourront agir.

Par contre, ce qui m’agace beaucoup, c’est cet appel du film : « Adhérez à notre mouvement ». On n’est pas obligé d’être avec eux, de faire comme eux. Chacun peut chercher à développer des solutions par soi-même, au lieu de déléguer son imagination à un mouvement. Moi, par exemple, je peux en appliquer des recettes grâce à la formation multidisciplinaire, non morcelée, non compartimentée dont j’ai bénéficié. C’est ce que prône Edgar Morin. Un système éducatif où les disciplines ne sont pas coupées les unes des autres où tout se tient, l’économie ne s’explique pas sans la sociologie, sans le droit, etc.

Le réalisateur est aussi est contre la « diplomanie », et je l’approuve totalement. Donner plus d’importance à quelqu’un, car il possède plus de diplômes, c’est un mythe. Mais combien de personnes me prendront au sérieux si je leur dis qu’un ouvrier qui travaille sur les rails pendant des années acquiert le même niveau de savoir et d’intelligence que le patron de la SNCB avec ses diplômes ? Ce n’est pourtant pas une pure ineptie si on sort de l’endoctrinement.

Comment appliquer une économie basée sur la ressource ?

Si les citoyens ont de plus en plus de conscience politique, ils pourront agir sur les dirigeants qui votent les lois. Or, aujourd’hui, la plupart des citoyens n’ont plus assez de conscience des enjeux réels. Peu réalisent que les élections ne servent plus à grand’ chose, sauf à choisir une élite présélectionnée pour eux. Bush et Obama font exactement le même boulot pour ce que John Perkins appelle la « corporatocratie » dans son livre « Les confessions d’un assassin financier ». Aujourd’hui, c’est même pire, parce qu’Obama jouit d’une image plus positive ; il est donc plus nuisible parce que les gens se méfient peu de lui. Bush, on aurait crié sur lui, tandis qu’Obama on fait moins attention à ses manœuvres.

En Europe, c’est Merkel qui décide de ce qui doit se faire en Grèce. Je demande : où est la volonté du peuple grec ? Le nouveau premier ministre italien va interroger Merkel pour décider de politique il doit mener. Si les politiques violent le mandat reçu de la population, il faut attendre cinq ou sept ans les sanctionner.

Si les dirigeants occidentaux n’ouvrent pas les yeux sur les dégâts de la politique libérale de l’austérité imposée partout, ce sera peut-être une révolution violente. Quand un chômeur est sanctionné par l’ONEM parce qu’il ne trouve pas d’emploi qu’il n’y a pas, les e élus qui votent de telles lois ne retournent-ils pas vers la barbarie, comme le défend Isabelle Stengers de l’ULB ? Quand on retire 700 euros à un chômeur, il lui reste quoi ? Le suicide ? Les médias européens dans leur majorité restent silencieux sur ces enjeux-là. Les manifestations que les Grecs organisent pourraient mal finir. Je suis pessimiste sur ce sujet, mais peut-être que les événements me démentiront.

Tous les changements profonds qui se sont produits ont été le fruit de luttes sociales acharnées. Les profiteurs du système, les banquiers, les actionnaires, les dirigeants politiques et l’élite médiatique cooptée ne changeront pas. Seule la population les obligera à revenir aux fondamentaux, à savoir que le rôle premier d’un Etat, avant même la sécurité et la protection, c’est de réduire les disparités, de faire reculer la misère et non de la générer. Là se trouve le défi des sociétés européennes dans les années à venir, selon moi. Et je suis persuadé que « Zeitgeist » y contribue à sa modeste manière.

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