Bonne surprise !

Avis sur Zhong Kui: Snow Girl and the Dark Crystal

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On s’en était rendu compte depuis déjà un bon moment, le cinéma asiatique n’est pas le plus doué de sa génération en matière d’effets spéciaux. Il n’y a qu’à voir certaines productions récentes visuellement assez bancales pour s’en assurer. Ceux qui ont vu le Monkey King de Soi Cheang avec Donnie Yen comprendront de quoi il en retourne. Nouvel essai avec Zhong Kui : Snow Girl and the Dark Crystal, superproduction chinoise bourrée de SFX, au budget colossal de 30M$ US (oui, pour un film asiatique, c’est énooooooooorme), et mettant en scène le personnage de Zhong Kui, un exorciste légendaire emblématique de la mythologie chinoise déjà vu au cinéma dans The Lady Hermit de Ho Meng-Hua en 1971, ainsi que dans de nombreuses séries télévisées. Est-ce que cette nouvelle incursion dans le domaine du blockbuster dopé à l’image de synthèse va s’avérer payante ? Ou est-ce que, comme le laissait craindre la bande annonce, on est en présence d’un bon gros pétard mouillé ?

La première chose qu’il faut savoir, c’est que Peter Pau est un réalisateur peu prolifique car, en vérité, ce n’est pas son vrai métier. On lui doit bien quelques bobines, telles que le catastrophique Le Talisman (2002) avec Michelle Yeoh, mais à la base il est directeur de la photographie. Il s’est par exemple illustré dans Tigre et Dragon, The Bride with the White Hair, The Killer, ou plus récemment dans Special I.D. Et pour ce coup, il est vrai que Zhong Kui : Snow Girl and the Dark Crystal est visuellement réussi. Certains passages sont magnifiques, très colorés, et les paysages, qu’ils soient naturels ou en images de synthèse, sont tout bonnement superbes. Un soin tout particulier a également été apporté aux costumes ce qui, pour un film d’époque, est un plus non négligeable.
Alors, est-ce que le film fait un pas en avant en matière de SFX ? Même s’il y a toujours de quoi grincer des dents par moments, avec des scènes ressemblant plus à une cinématique d’un jeu vidéo, la réponse est clairement oui ! Que ce soit le gros démon des enfers, le lion / dragon gardien du cristal sombre ou les effets lumineux liés aux coups et sorts magiques que lancent les personnages, c’est bien au-dessus de tout ce qui a déjà été fait dans ce genre de production en Asie. Il faut tout de même préciser qu’une partie de ces effets a été assurée par Weta Workshop, la boite derrière les SFX de films tels que Le Seigneur des Anneaux ou Le Monde de Narnia. Autant dire qu’il y avait peu de chances que ce soit visuellement dégueulasse… Pourtant, malgré cela, ces effets spéciaux pêchent parfois sur les animations qui ne sont pas toujours très fluides, comme s’il manquait des images dans la décomposition des actions de certains personnages, leur donnant pour le coup des mouvements de temps en temps un peu… bissextiles.

Très ancré dans le folklore chinois, avec par exemple un renard à 9 queues et des démons divers et variés, Zhong Kui : Snow Girl and the Dark Crystal fait penser à de nombreuses reprises à des films tels que Chinese Ghost Story, The Bride with the White Hair, ou encore et surtout Stormrider. Par contre, point de grosses têtes d’affiches ici ni d’acteurs très connus, même si Chen Kun et Li Bing-Bing sont relativement présents sur les écrans depuis ces 10 dernières années dans des rôles plus ou moins conséquents. Pour plaire au plus grand nombre, Zhong Kui : Snow Girl and the Dark Crystal reste relativement classique dans sa mise en scène : scénario simple, divers flashbacks nous en apprenant plus sur les personnages, histoire d’amour impossible entre un démon et un chasseur de démons, retournement de situation où on se rend compte que les méchants ne sont pas forcément ceux qu’on croit, et même des passages poétiques (mais qui au final font un peu kitchs).
Mais Zhong Kui est un film vachement borderline. Il marche constamment sur le fil du rasoir, avec d’un côté le nanar, de l’autre le navet. De temps en temps, on a l’impression qu’il va se vautrer d’un côté… parfois il met un pied dedans. Mais au final, jamais il ne tombe dans l’un ou dans l’autre et pour le coup, le film a beau durer deux heures, il se laisse très facilement regarder, qu’on soit habitué à ce genre de productions ou non.

En fait, Zhong Kui : Snow Girl and the Dark Crystal est à regarder du même œil que celui avec lequel on se lance dans un Avengers ou tout autre film à effets numériques à outrance. On pose le cerveau, on sort les popcorns, et on regarde sans trop se poser de questions le divertissement à grand spectacle qui nous est proposé. Et force est de constater que ça passe plutôt bien !

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