Comme dans la plupart de ses films, Pialat privilégie des prises au style improvisé et sincère tournées en une fois. Sandrine Bonnaire, dont c'est le premier grand rôle au cinéma, sait vraiment bien y faire.
À nos amours explore de manière crue le passage à l'âge adulte de Suzanne, une jeune fille qui explore sa sexualité malgré une famille peu ordinaire et extrêmement violente.
L'adolescente fait face à un attrait très prononcé pour les garçons et des rapports très hostiles avec les siens.
Les violences physiques et verbales dont elle est victime par son propre frère et sa propre mère sont assez inconfortables à regarder. Ces scènes témoignent d'une dysfonction évidente au sein de cette famille, marquée par leur incapacité à maitriser leurs émotions et à instaurer un dialogue rationnel entre grandes personnes.
Seul Le père joué par Pialat lui-même, certes bipolaire mais mesuré, semble comprendre que sa fille grandit et lui partage les douleurs de sa propre vie d'adulte. Il y est touchant d'authenticité.
Pialat, que ce soit devant ou derrière la camera, expose une compréhension de la vie et de ses rencontres.
A nos amours rappelle à quel point tant de personnes entrent, restent ou sortent de nos vies. Récompense méritée à Cannes en 1984.