En choisissant de donner un déroulement linéaire à son récit, limpide, sans aucun artifice scénaristique, Carolina Jabor laisse une totale liberté au spectateur. A lui d’interpréter les signes qui lui sont proposés. La réalisatrice concentre toute son attention sur quelques personnages-clés, laissant quelque peu de côté l’atmosphère insidieuse, oppressante, qui mène inéluctablement à une chasse aux sorcières. Les ambiguïtés seront assumées par les personnages, en premier lieu Rubens, carrure d’athlète, mais fragile. Ana, la directrice, d’abord ferme aux côtés de son employé, mais dont la défense malhabile s’effilochera lamentablement au fur et à mesure que la pression se fera plus forte. Les parents du petit Alex montrent aussi des signes de déséquilibre, le père exigeant, la mère de toute évidence névrosée. Paradoxalement, ou peut-être pas d’ailleurs, c’est l’amie de Rubens, Sofia, la plus jeune de tous qui se montrera la plus forte et restera ferme à ses côtés. En jouant sur l’intimité de scènes où les protagonistes sont rarement plus de deux ou trois, Carolina Jabor livre une intrigue claire où le suspens tient moins au dénouement qu’à l’évolution de ses personnages. Liquid Truth est un témoignage précieux d’une époque.
un filmù salutaire qui montre clairement l'Horreur de la calomnie sur internet.