Certains films ne hurlent pas leur violence, mais la vivent de l’intérieur. À vif en fait partie. C’est l’histoire d’une femme brisée, pas d’une héroïne. C'est ce qui rend le film si dérangeant… et si juste.
Jodie Foster est magistrale. Pas besoin d’excès, elle incarne la rage muette, le deuil qui ronge, la peur qui se transforme en besoin de justice – ou de sang. Son regard dit davantage que les dialogues. On sent qu’elle ne veut pas devenir ce qu’elle devient, mais qu’il n’y a plus rien d’autre. La société l’a laissée seule, et elle répond par la seule logique qui lui reste : survivre.
Neil Jordan filme New York comme un gouffre, un labyrinthe de nuit et de béton. L’ambiance est poisseuse, tendue. Ce n’est pas un film d’action, c’est un film de vertige. On ne sait plus si on la suit ou si on la juge. C'est là que ça touche : quand la vengeance devient un refuge, qu’est-ce qui reste de nous ?
À vif n’est pas un film sur la justice. C’est un cri contenu. Un parcours de larmes et de plomb. Et Foster, seule face à tout, nous tient jusqu’à la dernière balle.