N'ayons pas peur des mots : voilà un chef d'oeuvre déchirant.
C'est une sorte de cousin Au Feu follet de Louis Malle avec cette solitude existentielle et son personnage dans une fuite en avant vers l'auto-destruction (sans oublier la présence de Jeanne Moreau) mais dans une approche moins distante, plus colorée et peu moins moins "cynique". Il est difficile d'en parler car Gilles en fait quelques choses de purement sensoriel et presque instinctifs dans ces procédés qui reposent une nouvelle fois sur un gros travail de découpage/montage, d'alternances couleurs/noir et blancs, de choix chromatiques et d'un recours très réduit à la parole.
Absences répétées est une sorte de cri du désespoir qui resterait coincé dans la gorge et qui finirait par devenir par redescendre en s’insinuant dans l'ensemble du corps humain, contaminant chaque veines, chaque pulsations cardiaques, chaque battements de paupières dans une longue agonie psychologique, au grand désespoir de ses proches qui se sentent impuissant.
Pourtant contrairement à ce que laisse supposer ma comparaison, le film n'est pas glauque, n'est pas misérabiliste et ne cherche pas à tirer des larmes. D'abord le travail de la mise en scène court-circuit l'aspect malsain et cruel de l'histoire et ensuite grâce à la sensibilité de Guy Gilles, croisement de pudeur, de retenue et de délicatesse. C'est le cinéma d'un poète adepte du spleen, d'un esthète, d'un é-coeur-ché vif.

Bon, celà dit, on peut tout à fait pleurer toutes les larmes de son corps lors (notamment lors des dernières séquences avec son douloureux parallèle)... ou réagir comme Yves Robert et ne pouvoir qu'exprimer qu'une résignation mutique face à quelque chose d'inéluctable quand bien même cela n'aurait rien de rationnel.

Le film est sorti dans la collection Gaumont à la demande et il va sans dire que je le recommande fortement.
anthonyplu
9
Écrit par

Créée

le 8 oct. 2014

Critique lue 1.5K fois

anthonyplu

Écrit par

Critique lue 1.5K fois

13
2

D'autres avis sur Absences répétées

Absences répétées

Absences répétées

9

KinoDitari

le 8 avr. 2024

Suivre

Critique de Absences répétées par Kino Ditari

ah ce beau film !!!

Absences répétées

Absences répétées

2

Le_Monsieur_Poireau

le 16 avr. 2017

Suivre

Critique de Absences répétées par Le_Monsieur_Poireau

Je ne sais plus à quelle occasion j'ai croisé ce titre de film et que ça m'a intéressé au point de le réserver en médiathèque. Il faut croire qu'il se passe un truc avec ce film puisque ça fait des...

Du même critique

A Taxi Driver

A Taxi Driver

7

anthonyplu

le 22 oct. 2017

Suivre

Maybe you can drive my car

L'ancien assistant de Kim ki-duk revient derrière la caméra après 6 ans d'absence. Il porte à l'écran une histoire vraie, elle-même plongée au cœur d'une page sombre de l'histoire sud-coréenne soit...

Lettre d'amour

Lettre d'amour

7

anthonyplu

le 19 nov. 2016

Suivre

Lettre de noblesse

Première réalisation de Kinuyo Tanaka qui fut longtemps l'égérie, pour ne pas dire la muse, de Kenji Mizoguchi. Pourtant ce dernier fut loin de la soutenir à passer derrière la caméra et lui mit même...

Absences répétées

Absences répétées

9

anthonyplu

le 8 oct. 2014

Suivre

Absences remarquées

N'ayons pas peur des mots : voilà un chef d'oeuvre déchirant. C'est une sorte de cousin Au Feu follet de Louis Malle avec cette solitude existentielle et son personnage dans une fuite en avant vers...