Dans ce film de propagande patriotique, réalisé avec talent, Alexandre Dovjenko célèbre les Ukrainiens, les Biélorusses et les Moscovites - les trois régions historiques de la Russie [03'30].
Il délaisse son Ukraine natale pour se consacrer à la Sibérie en lutte "contre l'envahisseur japonais". En 1905, les Russes et les Japonais se sont partagés la Mandchourie (province chinoise). En 1932, le Japon a pris Shanghai et la Russie craint une invasion.
Les scènes les plus intéressantes montrent la vie des paysans-chasseurs de cette région de la Sibérie où se mêlent des ethnies différentes fortement dominées par les croyances religieuses. Le reste est soporifique.
Marcel Oms s'extasie sur le lyrisme de ce vrai grand opéra cinématographique, mais la musique extradiégétique me paraît trop grandiloquente et trop envahissante. Cet auteur n'a pas vu le même film car il prétend que "Khudiakov se dévêt de ses vêtements et présente aux coups sa poitrine nue" alors que l'image montre au contraire qu'il ferme sa veste [1h03]. C'est le soldat japonais qui ouvre sa chemise pour se suicider [1h07].
La très belle photographie de Nikolai Smirnov ne sauve pas tout à fait le film du maniérisme.
Lire : Marcel OMS, Alexandre Dovjenko, Premier plan, 1968 p.48-49.