Sur le papier, Affection est une proposition qui aurait pu s'avérer intrigante. En effet, nous y suivons une femme qui se réveille, à la suite d'un accident, auprès d'un mari et d'une enfant qu'elle ne connait pas, persuadée d'avoir une vie et famille différentes de celles-ci. Et si tout porte à croire que c'est à cause d'une mémoire défaillante, des événements étranges vont peu à peu se produire et remettre en cause cette existence plus artificielle qu'il n'y parait. Oui, avec un postulat se voulant tortueux, Affection aurait très bien pu être un épisode de Black Mirror, apportant une réflexion sur une thématique bien spécifique - en l'occurence, le deuil. Malheureusement, le titre a beau vouloir surprendre par son idée et son scénario, il ne parvient pas à captiver. La faute revient dans un premier temps à une mise en scène aussi aseptisée que conventionnelle, n'arrivant pas à créer la moindre tension, la moindre angoisse. Puis quand survient la révélation de tout cela, Affection plonge dans un guignolesque qui le transforme en une espèce de série B ridicule. Pire, il étire en longueur son climax qui enchaîne clichés et invraisemblances, tout en se perdant dans des visuels organiques - un "embryon" ressemblant à une cervelle couvertes d'yeux, des corps recouverts d'une membranes visqueuses... - d'une gratuité aberrante. Affection donne ainsi l'impression de n'être qu'un pur produit de plateforme, à la forme édulcorée et qui ne sait pas comment traiter son sujet, pourtant prometteur, empressé de se présenter comme un divertissement aussi banal que vain.