Sans emploi et impécunieuse, Armande parie compulsivement sur tout et n’importe quoi. Elle abouche Lazare qui a le même penchant pour le jeu.
C’est avec une délectation particulière que j’ai goûté aux excentricités savoureuses et aux bizarreries attachantes qui émanent du film Aimer perdre, une œuvre d'une singularité confondante et d'une sensibilité à fleur de peau. Ce métrage, exhalant un burlesque feutré typiquement belge, à l'instar de cette séquence drolatique où un homme à la corpulence opulente se retrouve inextricablement empêtré, la céphalée captive dans les entrailles réfrigérantes d'un appareil domestique, se révèle une expérience visuelle des plus insolites et réjouissantes.
Loin des sentiers battus et des poncifs narratifs éculés, ce film se dresse tel un manifeste éloquent en faveur des laissés-pour-compte, des âmes égarées et des existences cabossées par les aléas de l'existence. Il magnifie avec une tendresse particulière ces figures marginales, ces anti-héros attachants qui errent en marge d'une société souvent prompte à l’ostracisme.
Avec une empathie profonde, les réalisateurs nous offrent le portrait d'une femme sans domicile fixe d’une manière rarement explorée sur la toile argentée. Point de misérabilisme outrancier ni de pathos larmoyant, mais une représentation digne et nuancée d'une existence précaire, dévoilant la complexité et la résilience d'une âme luttant pour sa survie dans l'indifférence générale.
L'humour, omniprésent mais jamais vulgaire, distillé avec une sagacité bienveillante, confère au récit une légèreté bienvenue, permettant d'aborder des thématiques ardues avec une finesse et une intelligence remarquables. Ce burlesque intrinsèquement belge, mélange d'absurdité poétique et de dérision douce-amère, constitue l'un des atouts majeurs de cette production atypique.
Bref, c’est une ode aux gens différents et à la beauté des existences atypiques. Un film qui, avec une originalité déconcertante, nous invite à poser un regard nouveau sur ceux que l'on croise trop souvent sans les voir.