« J’aimerais savoir qui a mangé mon camembert normand »

Sans emploi et impécunieuse, Armande parie compulsivement sur tout et n’importe quoi. Elle abouche Lazare qui a le même penchant pour le jeu.

C’est avec une délectation particulière que j’ai goûté aux excentricités savoureuses et aux bizarreries attachantes qui émanent du film Aimer perdre, une œuvre d'une singularité confondante et d'une sensibilité à fleur de peau. Ce métrage, exhalant un burlesque feutré typiquement belge, à l'instar de cette séquence drolatique où un homme à la corpulence opulente se retrouve inextricablement empêtré, la céphalée captive dans les entrailles réfrigérantes d'un appareil domestique, se révèle une expérience visuelle des plus insolites et réjouissantes.

Loin des sentiers battus et des poncifs narratifs éculés, ce film se dresse tel un manifeste éloquent en faveur des laissés-pour-compte, des âmes égarées et des existences cabossées par les aléas de l'existence. Il magnifie avec une tendresse particulière ces figures marginales, ces anti-héros attachants qui errent en marge d'une société souvent prompte à l’ostracisme.

Avec une empathie profonde, les réalisateurs nous offrent le portrait d'une femme sans domicile fixe d’une manière rarement explorée sur la toile argentée. Point de misérabilisme outrancier ni de pathos larmoyant, mais une représentation digne et nuancée d'une existence précaire, dévoilant la complexité et la résilience d'une âme luttant pour sa survie dans l'indifférence générale.

L'humour, omniprésent mais jamais vulgaire, distillé avec une sagacité bienveillante, confère au récit une légèreté bienvenue, permettant d'aborder des thématiques ardues avec une finesse et une intelligence remarquables. Ce burlesque intrinsèquement belge, mélange d'absurdité poétique et de dérision douce-amère, constitue l'un des atouts majeurs de cette production atypique.

Bref, c’est une ode aux gens différents et à la beauté des existences atypiques. Un film qui, avec une originalité déconcertante, nous invite à poser un regard nouveau sur ceux que l'on croise trop souvent sans les voir.


Trilaw
8
Écrit par

Créée

le 16 avr. 2025

Critique lue 101 fois

Aimer perdre

Aimer perdre

7

VacherinProd

le 26 mars 2025

Suivre

Endettée, mode d'emploi

On a beau fanfaronner sur la puissance, popularité et qualité de notre cinéma bien français, il est peu dire que les réalisateurs hexagonaux ne sont pas les seuls à porter le 7e art francophone...

Aimer perdre

Aimer perdre

10

sajaho

le 28 mars 2025

Suivre

Quel film!

Ce film est une dinguerie. C’est trash, c’est drôle, ça va à fond sans jamais s’excuser. Mais au-delà du délire, y’a un vrai truc touchant qui ressort, presque sans prévenir. On rigole, on grimace,...

Aimer perdre

Aimer perdre

8

Trilaw

le 16 avr. 2025

Suivre

« J’aimerais savoir qui a mangé mon camembert normand »

Sans emploi et impécunieuse, Armande parie compulsivement sur tout et n’importe quoi. Elle abouche Lazare qui a le même penchant pour le jeu.C’est avec une délectation particulière que j’ai goûté aux...

Simone - Le voyage du siècle

Simone - Le voyage du siècle

9

Trilaw

le 24 nov. 2022

Suivre

« Bientôt s’éteindra cette génération qui ne devait pas survivre »

Le film est farouchement et profondément féministe mais quoi de plus normal pour un métrage dédié à une femme extraordinaire qui a permis que l’un des droits les plus élémentaires pour elles, même si...

Avatar - La Voie de l'eau

Avatar - La Voie de l'eau

5

Trilaw

le 16 déc. 2022

Suivre

« On ne congèle pas les bébés »

Treize ans de longues années d’attente patiente pour un résultat aussi famélique. Commençons par la fameuse 3D, je me souviens d’un temps où les lunettes 3D étaient devenues un outil indispensable...

La Fin d'Oak Street

La Fin d'Oak Street

7

Trilaw

le 13 août 2026

Suivre

Un plaisir régressif honteusement assumé, entre saccage jubilatoire et maestria formelle

Il a quand même le droit de jouer avec son chien Un mystérieux et fulgurant embrasement céleste arrache soudainement, brutalement, le paisible quartier d’Oak Street à sa quiétude banlieusarde pour le...