...mais laissez moi avant de frapper ma joue d'une critique non fine mais acerbe, expliquer ce qui fait que les vers de Racine sont gravés dans ma moelle, puis que regarder Allumeuses ! me rempli de joie.
Je pense souvent à cette vidéo, d'une fille en terrasse de bar entre 2 bières pleines qui te récite l'âme au dehors
"Il a su me toucher,
Seigneur ; et je n’ai point prétendu m’en cacher.
Cette sincérité, sans doute, est peu discrète ;
Mais toujours de mon cœur ma bouche est l’interprète.
Absente de la cour, je n’ai pas dû penser,
Seigneur, qu’en l’art de feindre il fallût m’exercer.
J’aime Britannicus. Je lui fus destinée
Quand l’empire devait suivre son hyménée :
Mais ces mêmes malheurs qui l’en ont écarté,
Ses honneurs abolis, son palais déserté,
La fuite d’une cour que sa chute a bannie,
Sont autant de liens qui retiennent Junie."
Et ne me dites pas que je me suis trompée de palier, car je veux dire une chose à l'intérieur de moi et de mon amour pour l'art, et peut-être qu'il n'y a rien de beau à ce prendre un coup de zgeg de l'œil, je suis d'accord, mais de beau que de rire franc, de ce trio perdu dans une chose si commune mais qu'on se plait tant à écrire, les romances que l'on souhaite ou non, notre cœur qu'on voudrait tendre précieux et fragile de nos mains à quelqu'un, qu'il le chérisse et le porte pour nous car trop lourd. Elles sont chanceuses ces héroïnes tragiques, d'aimer avec la gorge qui vibre des mots choisis et soignés, et des lames portées dans les silences.
Mais regardez l'amour pur et vulgaire, celui qu'on donne à ses filles qui glissent le bras en dessous du notre en sortie de boite, qui hurlent de rire et qui parlent fort, celles qui comprennent les langages codées, qui se déhanchent sur les mêmes sons que toi, qui essuient tes larmes et qui t'aiment. L'amour est tout-puissant.
Britannicus et allumeuses en intraveineuse, I DON'T CARE