Aborder le biopique par l'angle d'une question fondamentale plutôt que par le récit d'une vie est toujours plus marquant. Amadeus est clairement le cas d'école du biopique qui s'écarte de la structure traditionnelle et utilise la vie de son sujet (qui n'est pas son protagoniste) pour creuser un sujet dense.
Le droit a la grâce ou plutôt l'injustice "divine" du génie.
Mozart petit con bourré de talent a la grâce, et l'a toujours eu. Salieri est en quête permanente de celle ci mais ne l'aura jamais.
Ce rapport au talent, à dieux et a l'art est un sujet d'une profondeur infinie et Amadeus réussi a y plonger profond sans pour autant se perdre.
J'adore les films d'opposition de deux personnages, c'est un modèle que je trouve toujours efficace et là on est sur un modèle du genre.
Le fait d'adopter le point de vue du faible, de celui qui ne sera jamais le héros rend le film tragique et a la fois cruelle avec notre complicité.
La figure de mozart en devient d'autant plus mystique car on est jamais réel dans sa tête et c'est ce qui rend les incursions dans sa psyché nous laisse entrevoir la mesure de sont génie sans pour autant pouvoir le comprendre ou le rationaliser ce qui serait impossible de toute manière.
Ce film me rappelle Rush qui lui doit beaucoup.
Ensuite viens la force de reconstitution qui est impériale, la grandiloquence de la scénographie avec des théâtres pleins et de multiples opera mi en images.
On est sur un monstre qui tient ses 3H avec une évidence rare tellement il est dense et rythmé.
J'avais toujours entendu parler de ce film comme le biopique ultime et c'est en effet le cas.
Le traitement de la musique est fou aussi, avec cette simple idée de faire partie des pensées des personnages et de prendre forme juste a la lecture d'une partition.
Même sans rien y comprendre tout devient limpide et trépident.