Amen de Costa-Gavras s’intéresse au parcours ambigu de Kurt Gerstein, ingénieur chrétien et antinazi confronté à l’horreur des camps et à l’indifférence du Vatican. Le film cherche à dénoncer la lâcheté des autorités religieuses et politiques face à l’Holocauste à travers deux portraits humains : celui de Gerstein et d’un jeune jésuite.
Si l’intention est louable, le film reste trop didactique et moralisateur, avec un rythme souvent monotone. Certaines scènes dramatiques manquent de force, et les non-dits ou évocations de l’horreur, bien qu’intelligents, n’atteignent pas pleinement l’émotion souhaitée. La mise en scène, assez académique, peine à créer une tension constante, et le film donne parfois l’impression de rester à distance des événements qu’il décrit.
La reconstitution est correcte et les personnages, notamment ceux interprétés par Ulrich Tukur et Mathieu Kassovitz, restent intéressants, mais la mise en scène peine à soutenir l’ensemble.
Amen est intéressant par son sujet et ses personnages, mais sa froideur et son manque de tension dramatique limitent, à mon sens, son impact.